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Bergeron entend rester lui-même

L’attaquant des Bruins devient le seul Québécois capitaine dans la LNH

Patrice Bergeron
Photo tirée de Twitter Le Québécois Patrice Bergeron sera le capitaine des Bruins de Boston lors de la prochaine saison.

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Il y a des certitudes plus frappantes que d’autres. La nomination de Patrice Bergeron comme capitaine des Bruins de Boston qui a été confirmée hier en était une, mais pour le seul Québécois à camper désormais ce rôle dans la LNH, ce n’est pas une raison pour changer quoi que ce soit à son authenticité qui le distingue tant. 

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Bergeron sera le 20e joueur de l’histoire de la concession à porter la lettre « C » sur son chandail, succédant à Zdeno Chara qui a rempli cette fonction au cours des 14 dernières saisons. Chara n’a pas reçu d’offre à la fin de son contrat et a accepté de se joindre aux Capitals de Washington.

L’attaquant devient le premier capitaine québécois dans la LNH depuis Martin St-Louis avec le Lightning en 2014. 

Le patineur de L’Ancienne-Lorette devient également le premier joueur originaire de la région de Québec à être capitaine dans la grande ligue depuis Kevin Dineen en 1998 avec les Hurricanes et Mario Marois avec les Nordiques en 1985. 

« Je dois rester moi-même et c’est comme ça que j’approche les choses. Je me sens prêt. Je dois continuer d’apprendre, de m’améliorer en tant que joueur et en tant que personne. Je dois montrer l’exemple sur la glace, etc. Je veux aussi connecter avec mes coéquipiers et leur faire comprendre que c’est leur équipe autant que la mienne. On a tous une place égale et un but, soit de travailler dans la même direction », a déclaré l’attaquant de 35 ans lors d’une visioconférence en anglais et en français, jeudi après-midi. 

Une continuité 

Le départ de Chara laissera un grand vide dans le vestiaire des Bruins, mais Bergeron assurera une continuité du travail accompli par son prédécesseur avec cette nouvelle responsabilité à l’aube de sa 17e campagne dans l’uniforme noir et jaune. 

Au fil des ans, le grand défenseur avait même considéré le Québécois comme le co-capitaine de la formation bostonnaise avec laquelle ils ont soulevé la coupe Stanley en 2011. « On avait un excellent capitaine en Zdeno et on avait aussi une excellente relation. C’est devenu un ami au fil des ans et on va rester en communication. On s’entraidait, il m’a appris beaucoup au cours des 14 dernières années et il a eu une grande influence sur moi », a-t-il reconnu.

Avait-il songé à la possibilité de suivre les traces des Chara, Joe Thornton, Raymond Bourque, Wayne Cashman à la suite du départ du Slovaque ? 

« Ce n’est pas quelque chose sur laquelle je me suis arrêté quand j’ai su la nouvelle, c’était plus de parler avec Zdeno et de lui souhaiter le meilleur dans sa prochaine aventure. Ça faisait 14 ans, c’était une transition qui était spéciale, mais pour moi, je ne savais pas ce qui allait se passer et je ne m’arrêtais pas à ça, disons.

« J’ai eu de bons, très bons leaders, que ce soit en Zdeno Chara, des gars comme Mark Recchi et Martin Lapointe m’ont aussi beaucoup influencé et aidé. D’être nommé capitaine d’une franchise aussi historique que les Bruins de Boston, qui a eu tellement d’excellents capitaines et des légendes du hockey, c’est un grand honneur », a renchéri l’ancien du Titan d’Acadie-Bathurst. 

Un Ourson à vie

Choix de deuxième ronde des Bruins (45e au total) en 2003, Bergeron vient au troisième rang de l’histoire du club pour les matchs joués (1089) et les buts gagnants (67). Il pointe respectivement aux cinquième et sixième échelons pour les buts (352) et les points (869). Bergeron ne se voit pas ailleurs qu’à Boston pour le reste de sa carrière, lui dont le long contrat de huit ans viendra à échéance au terme du calendrier 2021-2022.

« [...] Ça ne change pas la façon dont je pense, c’est toujours quelque chose que je veux faire et je veux rester un Bruin jusqu’à la fin de ma carrière », a répondu le gagnant de quatre trophées Selke.


LES CINQ DERNIERS CAPITAINES DES BRUINS (AVANT PATRICE BERGERON):   

  • Zdeno Chara, 2006-2020        
  • Joe Thornton, 2002-2005        
  • Jason Allison, 2000-2001        
  • Raymond Bourque, 1985-2000 (cocapitaine et capitaine)        
  • Rick Middleton, 1985-1988 (cocapitaine)          

Un choix facile 

Le comportement exemplaire de Patrice Bergeron avec ses coéquipiers, tant sur la glace qu’en dehors de celle-ci, a souvent été évoqué au cours des années. Son entraîneur Bruce Cassidy a mis son grain de sel, jeudi. 

« Je pense juste à la façon dont il traite les gens. Tu lis à son sujet, mais tu n’en sais rien tant que tu ne l’as pas vécu. Il est bon pour les jeunes, il est bon pour ses coéquipiers. 

« Il y a des jours où je suis nerveux derrière le banc et je sais qu’il essaiera de me calmer en encourageant les joueurs et c’est le genre de relation que nous avons construite. Je ne peux rien dire d’autre que du positif sur Patrice. Je suis content pour lui, c’est un honneur bien mérité », a souligné le pilote des Bruins, qui est en poste depuis février 2017. 

Destiné à être capitaine

Brad Marchand estime que Bergeron a toutes les qualités d’un leader.
Photo d'archives, AFP
Brad Marchand estime que Bergeron a toutes les qualités d’un leader.

Son partenaire de trio de longue date, Brad Marchand, est allé encore plus loin dans son concert d’éloges.

« Il a toutes les qualités d’un leader phénoménal sur et hors glace. Il était destiné à être capitaine il y a 10 ans. J’essaie d’être comme lui à tous les jours », a lancé le vétéran de 32 ans. 

Saison différente

Par ailleurs, questionné sur le format singulier du calendrier et des divisions en raison de la pandémie, Patrice Bergeron a admis qu’il sera bizarre de ne pas affronter des rivaux naturels comme le Canadien et les Maple Leafs.

« Ça va être spécial et ça va être quelque chose de différent. Pour nous, le côté positif, le voyagement sera plus facile que la division canadienne. Par contre, il y aura de nouvelles rivalités, mais c’est sûr que contre le Canadien et les Maple Leafs, c’était toujours des matchs que tu encerclais dans le calendrier. Je ne sais pas si c’est une première que Montréal et les Bruins ne s’affrontent pas, mais ça n’a pas dû arriver souvent. » Jamais, en fait.