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Couvre-feu: les refuges craignent les débordements

Le taux d’occupation était déjà élevé

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Les refuges craignent une judiciarisation des itinérants qui seront surpris dehors après le couvre-feu, ou encore le débordement des ressources, déjà sous pression en raison de la pandémie. 

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«Ce qu’on craint pour les personnes itinérantes, c’est une judiciarisation parce qu’ils sont à l’extérieur. Je comprends pour quelqu’un qui a accès à un domicile. Mais pour quelqu’un dont le domicile est la rue, le judiciariser davantage, ce n’est pas une solution», a exprimé Maxime Couillard, du Regroupement pour l’aide aux itinérants et aux itinérantes de Québec.

L’autre problème avec le couvre-feu que vient d’instaurer le gouvernement, c’est la capacité des refuges. Ceux-ci débordent depuis le début de la pandémie. Ils s’inquiètent maintenant de devoir gérer un afflux supplémentaire de résidents. 

«Les itinérants sont de plus en plus visibles et les refuges ont des taux d’occu-pation de plus en plus élevés. Si on voulait prendre toutes les personnes qui sont à l’extérieur et les mettre dans des ressources, on n’aurait pas assez de place», constate M. Couillard. 

Les besoins sont particulièrement criants pour les femmes, ajoute-t-il.

À la Maison Revivre, le directeur, Martin Maurice, affirme que les nouvelles consignes rebutent certains usagers, qui n’apprécient pas le couvre-feu de 20 h, alors que l’heure limite était auparavant 22 h à cet endroit. 

«Ils sont bien avertis, cependant, que les règles doivent être respectées, sinon, ils risquent d’être expulsés», indique M. Maurice. La Maison cherche aussi à s’assurer que ses bénévoles pourront circuler.

«Nos travailleurs offrent un soutien inestimable. On craint qu’ils ne puissent pas continuer à le faire», ajoute Maxime Couillard, qui souhaiterait qu’ils reçoivent le même traitement que les employés de la santé. 

Les inquiétudes ont été transmises aux autorités et des réponses sont attendues dans les prochaines heures, dit-il.

Logement

Par ailleurs, les règles drastiques entourant le couvre-feu risquent d’entraîner des «problèmes de voisinage» à travers le Québec, anticipe le FRAPRU, un organisme de défense du droit au logement. 

L’organisation a surtout pointé l’interdiction de sortir fumer une cigarette, entre 20 h et 5 h du matin. De très nombreux locataires risquent d’écoper, craint-elle, et cela va affecter de façon disproportionnée les locataires à plus faibles revenus. 

- Avec la collaboration de Taïeb Moalla

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