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Les restos, les seuls à vendre de l’alcool durant le couvre-feu

Les restaurateurs voient une belle opportunité dans ce monopole

Quebec
Photo Stevens Leblanc Le copropriétaire du Groupe Martin, Pierre Martin, qui possède plusieurs restaurants St-Hubert dans la grande région de Québec, entend ajuster son offre de produits alcoolisés.

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Avec la mise en place du couvre-feu, les restaurants deviendront grâce à leur service de livraison les seuls commerces à vendre de l’alcool au Québec après 19 h 30, et ce, dès samedi et jusqu’au 8 février.

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Entre 19 h 30 et 23 h, «nous allons être le seul endroit où les consommateurs pourront avoir une boisson alcoolisée fournie par un commerçant. C’est une opportunité pour nous», a concédé François Meunier, vice-président aux affaires publiques à l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ).  

Comme tous les commerces ou presque devront fermer leurs portes à 19 h 30, le service de livraison des restaurateurs sera donc le seul moyen de se procurer de l’alcool. Le ministère de l’Économie l’a confirmé au Journal. 

«Toutefois, il est important de préciser que l’alcool livré, avant 23 h, par un restaurant à un client lors de la livraison devra être accompagné d’un aliment», a écrit dans un courriel le ministère. 

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Durant le couvre-feu, les pharmacies ne pourront vendre que des médicaments et des produits essentiels et les stations-service de la nourriture, de l’essence et des produits pour véhicules routiers. La Société des alcools du Québec (SAQ) fermera, quant à elle, ses portes avant le couvre-feu. 

De quoi réjouir Cédric Charron, chef propriétaire du restaurant Umami Ramen, à Montréal. «J’ai pratiquement doublé mon chiffre d’affaires depuis qu’on peut livrer de l’alcool», lance-t-il.  

Et grâce à la plateforme CHK PLZ et au service de livraison Eva, deux entreprises d’ici, ce restaurateur, qui ne vend que des sakés et des vins d’importation privée, charge le même prix pour ses bouteilles, qu’on vienne les chercher ou qu’on se les fasse livrer. «Avec Uber Eats, qui prend une cote de 25 %, ce serait plus cher pour le client», explique M. Charron.  

Ce n’est que depuis le 12 décembre qu’une telle chose est possible, car auparavant, les restaurants devaient avoir leur propre service de livraison pour vendre de l’alcool aux portes des clients. 

Après réflexion, le chef du Umami Ramen et son équipe ont pris la décision de rester ouvert jusqu’à 21 h pendant le couvre-feu. «On pensait arrêter à 19 h 30, 20 h, mais on va rester ouvert plus tard pour profiter de la livraison vis-à-vis de la SAQ fermée», dit-il. 

St-Hubert fait déjà, depuis peu, de la publicité concernant la vente d’alcool avec un repas.
Photo tirée du site internet
St-Hubert fait déjà, depuis peu, de la publicité concernant la vente d’alcool avec un repas.

Jusqu’à 23 heures

Pour obtenir de l’alcool, les consommateurs doivent toutefois commander de la nourriture, comme le stipule la loi encadrant l’industrie. Elle mentionne aussi que la vente d’alcool pour la livraison est permise jusqu’à 23 h.

«On ne peut pas livrer de l’alcool avec un sac de chips. Il faut que ce soit un aliment préparé ou transformé», a précisé M. Meunier.  

Du côté du Groupe Martin, propriétaire de 11 restaurants St-Hubert dans la grande région de Québec, le fait d’être la seule industrie à pouvoir offrir à tous les consommateurs de l’alcool s’inscrit du côté «des bonnes nouvelles», et ce, même si cela ne représente qu’une petite portion du chiffre d’affaires.

  • Écoutez la chronique du chef Danny St Pierre à QUB radio

 «Je pense que cela peut être effectivement une source de dépannage intéressante pour le consommateur et une source de vente additionnelle pour le restaurateur», a avancé le copropriétaire du groupe, Pierre Martin.  

«Nous allons augmenter nos inventaires de vins et bières, et des offres de fin de soirée seront élaborées entre autres pour les matchs de hockey», a ajouté l’homme d’affaires. Une stratégie qui sera adoptée, selon M. Martin, par tous les restaurants St-Hubert au Québec.

La Cage – Brasserie sportive souhaite aussi profiter de cette opportunité qui permettra peut-être de faire travailler plus de gens. 

«Avec les événements sportifs en soirée et le retour des Canadiens, évidemment, c’est quelque chose qui peut être intéressant», a souligné le président et chef de la direction du Groupe Sportscene, Jean Bédard. «À des endroits, on va sûrement allonger nos heures, au cours des prochaines semaines, pour voir s’il y a une attraction», poursuit-il.

En raison des impacts la pandémie, l’ARQ mentionne que l’industrie de la restauration a vu reculer ses ventes de 6 milliards $ en 2020.  


L’industrie hôtelière pourra également continuer d’offrir durant le couvre-feu un service de repas avec alcool aux personnes ayant loué une chambre.