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COVID-19: Non aux purificateurs d’air dans les écoles

C’est un faux sentiment de sécurité, dit la Santé publique, qui prône l’ouverture des fenêtres

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, en conférence de presse virtuelle, hier, à Montréal.

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Même si la Santé publique reconnaît maintenant la transmission par aérosols du coronavirus, le gouvernement Legault n’a pas l’intention d’installer des purificateurs d’air dans les salles de classe, une décision critiquée par des experts indépendants. 

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« Même si beaucoup de gens en ont parlé, ce n’est pas une recommandation du groupe d’experts [...] Mettre un appareil dans une classe, ça ne marche pas. 

C’est un faux sentiment de sécurité. Il faudrait qu’il y en ait proche de tout le monde », a expliqué le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la Direction de la santé publique, lors d’une conférence conjointe avec le ministre de l’Éducation hier.      

  • Écoutez l'entrevue de la coordonnatrice scientifique du groupe COVID-Stop, Nancy Delagrave, avec Benoît Dutrizac, sur QUB radio:   

Il s’agit de la position unanime des 20 experts qui ont tranché la question, a-t-il dit. Le ministre Jean-François Roberge est allé plus loin : les purificateurs peuvent même être un « danger » pour les élèves s’ils sont mal installés.

De plus, la ventilation est suffisante dans la vaste majorité des classes testées (330) depuis décembre, s’est félicité M. Roberge.

Une observation plus attentive des résultats montre toutefois que plus de la moitié des classes sans ventilation mécanique dépassent la cible de concentration de CO2 au milieu des cours.

Tests annuels

Nouvelles mesures : toutes les écoles devront contrôler la qualité de leur air chaque année, et des masques chirurgicaux seront distribués à tous les élèves du secondaire.

Au fil des mois, la question de la ventilation dans les écoles est devenue politique. Le débat est important, car la COVID-19 se transmet entre autres par aérosols, des particules fines en suspension dans l’air. Dans un local mal ventilé, une charge virale élevée peut entraîner l’infection des enfants.

Les partis d’opposition réclament l’installation en masse de purificateurs d’air. Le gouvernement prône plutôt un bon bol d’air frais pour aérer les locaux.

Le Dr Massé recommande, malgré l’hiver, d’ouvrir les fenêtres entre deux cours et après les classes. Il demande également aux enseignants de laisser les portes ouvertes, « même si c’est bruyant ».

Maximilien Debia, professeur à l’école de santé publique de l’Université de Montréal, croit que le débat sur l’usage des purificateurs d’air est loin d’être clos.

Il estime qu’ils peuvent être utiles dans les salles mal ventilées. « De dire que c’est nuisible, c’est une erreur », affirme-t-il.

La physicienne Nancy Delagrave, coordonnatrice scientifique du collectif COVID-STOP, souligne que plusieurs pays et États ou provinces, l’Allemagne et l’Ontario par exemple, utilisent ces machines. Sur les médias sociaux, une spécialiste de l’université de Berkeley, Shelly Miller, a écrit que la position du Québec sur les purificateurs d’air était « ridicule ».

Pas rassurés

Les partis d’opposition ne sont pas non plus satisfaits. La libérale Marwah Rizqy ne croit pas Jean-François Roberge lorsqu’il dit que les purificateurs peuvent être dangereux. « Si c’était le cas, on aurait demandé aux écoles privées et aux écoles anglophones de les retirer ». 

Le ministre Roberge n’a pas tout fait pour réduire au maximum la propagation du virus, dit-elle : pas de purificateurs, pas d’usage des tests rapides, pas de cliniques mobiles en cas d’éclosion, pas de demi-classes.

La péquiste Véronique Hivon est du même avis. « C’est la même recette qu’à l’automne. On va ouvrir les fenêtres ».

Les syndicats d’enseignants ne sont pas non plus rassurés. « La présentation qu’il y a eu sur les purificateurs d’air, ce n’est pas venu nous rassurer. [...] Le fait que la seule solution repose sur le masque, pour nous, ce n’est pas assez », a affirmé Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement. 


LA VENTILATION DANS LES SALLES DE CLASSE

Ce que le ministère écrit

« Les résultats obtenus permettent de constater des résultats optimaux, sous l’objectif de 1000 ppm de CO2, dans la vaste majorité des classes testées. »

La réalité

Pendant les cours, seulement 48,7 % des salles de classe sans ventilation mécanique atteignent cette norme. 


RAPPORT D’EXPERTS SUR LES AÉROSOLS 

Québec reconnaît maintenant la transmission de la COVID-19 par les aérosols, des particules fines qui restent en suspension dans l’air. 

« Les données expérimentales et épidémiologiques disponibles soutiennent une transmission par aérosols à proximité, c’est-à-dire à moins de 2 mètres. »


CE QUE ÇA CHANGE  

  • Un usage plus important des masques N95. 
  • Les masques chirurgicaux ne bloquent que 50 % des aérosols, contre plus de 99 % pour les masques N95, dit Maximilien Debia, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.  
  • Les malades hospitalisés pour la COVID devraient être placés dans des chambres individuelles. 
  • On devrait réduire le nombre d’usagers contagieux présents dans une même pièce, surtout si celle-ci est exiguë.  

APPEL À TOUS

Le Journal est à la recherche de témoignages de gens qui ont été porteurs de la COVID-19 sans le savoir et qui ont vu leur entourage tomber malade alors qu’eux-mêmes n’avaient aucun symptôme. Depuis le début de la pandémie, de nombreuses personnes asymptomatiques ont contaminé leur entourage sans le savoir. C’est notamment arrivé dans des CHSLD et des milieux sportifs. Nous aimerions vous entendre si vous avez vécu une telle situation.

Vous pouvez écrire à notre journaliste Simon Baillargeon (simon.baillargeon@quebecormedia.com)

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