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Dernière soirée de liberté avant le couvre-feu au Québec

Le couvre-feu généralisé débute samedi soir, alors que les policiers auront la délicate tâche de le faire respecter

Isabelle Bédard et son conjoint Hermel Dion profitaient de la belle soirée d’hiver dans le Petit-Champlain, vendredi.
Photo Didier Debusschère Isabelle Bédard et son conjoint Hermel Dion profitaient de la belle soirée d’hiver dans le Petit-Champlain, vendredi.

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À l’approche du premier couvre-feu généralisé de l’histoire du Québec, plusieurs citoyens ont profité de la belle soirée d’hiver pour prendre l’air une dernière fois après 20 h d’ici le 8 février. 

«Ça va certainement changer mes habitudes. Je cours habituellement en fin de soirée quotidiennement après le travail. Je vais m’adapter. Je comprends la décision, je vais respecter les consignes» a spécifié Hermel Dion.

«Mon sentiment me dit que ce couvre-feu annoncé va se prolonger pour plus longtemps encore. C’est pour ça qu’on est ici. On en profite» a pour sa part affirmé Nathalie Fortin, qui marchait vendredi souriante.

L’inquiétude de Mme Fortin a été partagée par plusieurs marcheurs approchés qui croyaient qu’ils devraient certainement oublier la marche de fin de soirée pour longtemps. 

Nathalie Fortin, ici en compagnie de son amie Nancy Bolduc, pense que le couvre-feu va se prolonger pour plus longtemps.
Photo Didier Debusschère
Nathalie Fortin, ici en compagnie de son amie Nancy Bolduc, pense que le couvre-feu va se prolonger pour plus longtemps.

Plusieurs marcheurs rencontrés ont contesté l’utilité d’un couvre-feu. 

«Les gens qui ne respectent pas les règles vont continuer de le faire pendant la journée. C’est une mesure questionnable à mon avis. J’ai hâte de voir l’efficacité», dit l’étudiant universitaire François Labonne.

Ils ont toutefois admis en majorité que la situation était critique et que le gouvernement devait faire quelque chose.

«Je souhaitais réellement revivre un confinement total beaucoup plus strict pour donner un coup de barre. Je crois que dans deux semaines, le gouvernement va annoncer d’autres mesures parce que les cas ne descendront pas», a indiqué Phillipe Périer. 

Philippe Périer souhaitait réellement revivre un confinement total pour donner un coup de barre.
Photo Didier Debusschère
Philippe Périer souhaitait réellement revivre un confinement total pour donner un coup de barre.

«Compliqué» pour la police

Même s’il assure avoir confiance en son Service de police, Régis Labeaume reconnaît que le couvre-feu sera «compliqué» à faire respecter.

«C’est sûr que ça va être compliqué. 550 000 personnes dans la Ville de Québec, 600 000 dans l’agglomération. Est-ce qu’on a le personnel qu’on a en temps normal ? Ce ne sera sûrement pas simple», a admis le maire, vendredi, lors d’un point de presse virtuel.

M. Labeaume mise néanmoins sur la bonne foi des citoyens. 

«Les gens vont collaborer [...] Le monde n’est pas fou. Ils savent bien qu’il faut qu’il se passe quelque chose [pour briser la vague de contamination]», a-t-il ajouté. 

Le maire a balayé du revers de la main les inquiétudes exprimées par la Fraternité des policiers dans l’édition de vendredi du Journal.

La présidente de ce syndicat avait dit craindre que ses membres soient «débordés» si des effectifs ne sont pas ajoutés au moment du couvre-feu. 

«Les syndicats sont payés pour dire que ça va mal. On a un chef qui est capable de gérer le Service de police. Il fait le nécessaire. Il est très compétent. Pour le reste, on ne s’attend à rien de bon des syndicats policiers», a lancé Régis Labeaume.

Itinérants

Ce dernier a par ailleurs annoncé que les policiers de Québec ne donneront pas de contraventions aux itinérants qui se trouveront à l’extérieur lors du couvre-feu.

«On a eu des discussions avec le Service de police et il n’est pas question de donner des billets aux itinérants, à moins d’un cas extrême.»

Le maire de Québec a appelé à la «tolérance» envers les itinérants, puisqu’il est illusoire selon lui de penser que tous seront rentrés à l’intérieur après 20 h.

Un effort particulier sera déployé pour diriger les sans-abri vers les ressources appropriées.

«Tout le monde travaille pour faire en sorte qu’il y ait une façon d’amener les itinérants qui seraient dans la rue vers les refuges, a-t-il insisté. On va s’organiser pour que tout le monde soit au chaud.» À Québec, les refuges ont déjà un taux d’occupation très élevé.

Service 311

D’autre part, et malgré l’opposition exprimée par le Syndicat des cols blancs, la Ville de Québec maintient que la vingtaine d’employés du «Service 311» ne peuvent pas être en télétravail et qu’ils doivent encore se rendre à leur bureau. 

Un grief est en cours dans ce dossier, et les plaidoiries des avocats doivent avoir lieu le 14 janvier devant le Tribunal administratif du travail.

— Avec la collaboration de Stéphanie Martin 

Des ajustements à la Ville  

  • Les installations sportives extérieures comme les patinoires, les glissoires et les pistes de ski accessibles jusqu’à 19 h 30.  
  • La Ville double le personnel de sécurité aux abords des patinoires pour s’assurer du respect de la limite d’usagers (souvent 25 patineurs). 
  • L’essentiel des activités intérieures suspendu.  
  • Les parcs et les bases de plein air accessibles pour les activités individuelles ou en bulle familiale seulement. 
  • Les stations chaleureuses accessibles jusqu’à 19 h 30. 
  • L’horaire des 26 bibliothèques revu pour qu’elles ferment au plus tard à 19 h 30.  
  • Les écocentres fermeront à 19 h 30 au maximum. 
  • Discussions en cours avec les Sociétés de développement commercial pour les modalités entourant les stationnements.   

Source : Ville de Québec

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