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Trump, Pence et la déchéance des États-Unis

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Photo AFP

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J’ai toujours pensé que le vice-président américain, Mike Pence, était un honnête homme, même s’il mêle trop religion et politique pour nos standards québécois.

Pence est un conservateur classique, notamment en matière de respect des institutions. Le Parlement, les tribunaux, la démocratie, c’est le propre des conservateurs de croire que des institutions qui ont traversé le temps ont prouvé leur valeur. Mike Pence a bâti sa carrière politique à défendre ces principes.

Puis arriva Donald Trump. Mike Pence, comme des dizaines d’autres républicains, fut happé par ce personnage éminemment dangereux. La popularité du nouveau gourou dans le public a forcé les républicains à mettre un genou par terre et à valser avec Trump.

Dans le cas de Mike Pence, il a été invité par Trump à la suite d’un simple calcul électoral. Il se fout de Pence. Donald Trump ne s’intéresse qu’à lui-même. Mais Pence pouvait sécuriser le vote de la droite religieuse dont il avait besoin, lui qui ne met pas les pieds à l’église. 

Pence, l’honnête homme, a vu la possibilité d’accéder à un poste inespéré : vice-président des États-Unis ! Pour y arriver, il s’est marié avec le diable. 

Endurer

Pence et tant d’autres républicains se sont bouché le nez, les yeux, les oreilles à répétition. Quand Trump déconsidérait l’administration de la justice. Quand Trump flirtait avec les dictateurs de la planète et négligeait les alliés des États-Unis. Quand Trump proférait des insultes indignes de sa fonction.

Mais depuis l’été dernier, ils ont laissé passer trop gros. Lorsque Trump, sentant venir l’inévitable défaite, a commencé à discréditer le processus électoral. Trump s’est affairé à salir la démocratie américaine parce que son narcissisme ne lui permet pas d’encaisser la défaite. Il a alors alimenté les complots les plus sombres et les complotistes les plus véreux. 

C’était plus gros que tout le reste. Trump ne discréditait plus seulement la fonction de président, il commençait à détruire au marteau-piqueur les fondements des institutions américaines. Ceux qui avaient eu la patience de laisser passer les autres frasques de Trump avaient le devoir sacré de l’arrêter.

La catastrophe prévisible

Dès lors, Trump venait de semer la graine qui a conduit à l’insurrection survenue mercredi au Capitole. Il aura fallu ces scènes gênantes pour que plusieurs républicains se dissocient enfin formellement de Trump. Bien tard.

Les tendances qui naissent aux États-Unis arrivent toujours chez nous. Mike Pence et ses compères fournissent une leçon au Canada ! Afin d’éviter telle déchéance, les leaders de partis à droite doivent mettre des remparts contre le trumpisme. En commençant par le chef conservateur, Erin O’Toole : il doit protéger son parti de cette dérive destructrice. 

Comment éviter le trumpisme ? Écouter les préoccupations des citoyens ordinaires et y répondre. Rejeter les individus qui flirtent avec les idées complotistes et les méthodes de Trump.

Le trumpisme est la COVID-19 de la démocratie. Destructeur et contagieux.

En passant, pendant la journée de l’attaque du Capitole, plus de 4000 Américains sont morts de la COVID-19.