/weekend
Navigation

Lectrice assidue

Coup d'oeil sur cet article

L’automne dernier, on a pu découvrir tout un pan de la vie de l’actrice et autrice Louise Portal grâce à Un été, trois Grâces, un livre auquel ses amies Marie-Lou Dion et Christiane Pasquier ont aussi participé. Et alors qu’on peut maintenant la voir dans la télésérie Trop, Louise Portal a accepté de nous en dire plus sur ses lectures.

Vous vous rappelez avec quel roman vous avez commencé à apprécier la littérature?

Oh oui ! J’avais à peu près 15 ans quand mon père m’a offert Le visionnaire de Julien Green. Le personnage m’a happée, l’atmosphère du roman m’a marquée. J’ai participé au collectif Histoires de livres [paru en 2010 chez Hurtubise] et j’y ai écrit la nouvelle Pourquoi diable étais-je revenue sur mes pas ? à partir de ce roman-là.

Est-ce que vous pourriez nous parler des livres qui ont été particulièrement importants dans votre vie ?  

  • Il y a d’abord Le pèlerinage aux sources, de Lanza Del Vasto, un livre qui m’a été offert en 1974 par un ami. Je partais au Mexique à ce moment-là, et il a été mon premier livre de cheminement spirituel. Il raconte l’histoire d’un British qui décide de tout quitter pour aller vivre en Inde. Quand je suis revenue, j’ai repeint mon appartement en blanc et j’ai commencé à m’habiller juste en blanc ! C’est un livre que j’ai encore et qui est tout racorni. Je l’ai ramené l’an dernier au Mexique pour le relire.  
  • Le soin de l’âme, de Thomas Moore. Un livre formidable avec des réflexions formidables, que je relis depuis 2004. Je crois que j’en suis à ma septième lecture, et ma copie ressemble maintenant à un arc-en-ciel parce que chaque fois que je le lis, je surligne des passages différents en mauve, en orange, en bleu, en jaune... En fait, c’est un livre d’enseignement.   
  • Gabrielle Roy – Une vie, de François Ricard, une grosse brique sur la vie de Gabrielle Roy. Ça a été comme une révélation pour moi et après, j’ai lu toute l’œuvre de Gabrielle Roy, que je ne connaissais pas. J’ai donc découvert ses livres et ça a été un pur enchantement. Je me suis rendu compte qu’on avait une parenté d’écriture parce que sa vie est aussi très présente dans ses livres.  
  • Lettres à un jeune poète, de Rainer Maria Rilke. La copie que j’ai m’a été offerte par Marie-Lou Dion en 1975. C’est un livre que je propose aux jeunes femmes qui sont dans une démarche d’écriture ou de connaissance de soi.   

Tous genres confondus, quels ont été vos plus récents coups de cœur ? 

La femme qui fuit, d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Un livre que j’ai trouvé incroyable de par son sujet et de par la qualité de son écriture. Anaïs a su raconter l’histoire de sa mère et de sa grand-mère de façon juste, sans jamais les juger, et son livre mérite amplement le rayonnement qu’il a reçu.

D’autres lectures qui m’ont emportée ? À train perdu, de Jocelyne Saucier. J’ai vraiment embarqué dans le train avec Gladys, un personnage que j’aimerais un jour incarner. C’est la quête d’une femme âgée qui veut refaire le chemin d’hier et, en même temps, aller vers l’avenir. À lire !

Paru en 2018, il y a aussi Le lambeau, de Philippe Lançon. D’habitude, je ne lis pas de briques. J’aime les petits livres. Mais cette brique-là pleine de redites est un livre inspirant qui nous ramène à notre propre réalité. Ce qu’on a de la difficulté à traverser, ce n’est rien comparé à ce que Philippe Lançon a pu traverser...

J’ajoute également la biographie Mouffe : au cœur du showbiz, de Carmel Dumas. Un très beau livre pas ennuyant qui nous retrempe complètement dans les années 70 et 80, qui sont les années où j’ai travaillé sur quatre albums et été amie avec Mouffe. Ça m’a ramenée dans mon passé, dans un milieu plein d’effervescence.

Quels livres comptez-vous absolument lire au cours des prochaines semaines ?

Kukum, de Michel Jean, c’est sûr. J’ai vraiment envie de découvrir ce livre et je trouve merveilleux qu’il ait reçu ce prix [le Prix littéraire France-Québec]. Je crois que c’est mérité ! 

Et quel est celui que vous lisez présentement ?

Le registre de l’inquiétude, de Linn Ullmann, qui est la fille du cinéaste Ingmar Bergman et de l’actrice Liv Ullmann. Elle parle de sa relation avec son père et de ce projet qu’ils avaient d’écrire ensemble un livre. Elle fait partie de ces auteurs qui ressentent le besoin de parler de leurs parents, et surtout de leur père. En vieillissant, on ressent le besoin de revisiter sa vie, comme pour laisser quelque chose en héritage...

Peu importe le genre ou son année de publication, y a-t-il un livre que vous auriez réellement aimé avoir écrit ?

Il pleuvait des oiseaux, de Jocelyne Saucier, un livre que j’ai relu au moins trois fois. J’ai été éblouie par l’écriture, par les grands thèmes qui le parcourent (comme l’amitié à tout âge, la nature et le choix de sa mort). C’est un livre remarquable que j’aurais aimé écrire.