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Les actions à dividendes, une bouée pour les retraités?

DVP
Illustration Adobe Stock

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Les épargnants sont pénalisés pas juste un peu par la faiblesse actuelle des taux d’intérêt. Pour de nombreux retraités qui en dépendent, c’est même troublant.

Ces derniers ne subissent que les désagréments de la situation. Si, comme bien d’autres, ils pouvaient se consoler avec une hypothèque à prix d’aubaine, leur maison est payée. 

Les obligations du gouvernement du Canada affichent des taux d’intérêt ridicules. Tous les produits financiers dits « sécuritaires » sont frappés par des taux dérisoires, presque invisibles : CPG, bons du Trésor, obligations d’épargne, comptes bancaires, rentes viagères... 

Pour améliorer leur sort, des retraités n’ont d’autre choix que d’envisager les actions, plus risquées. Et pour obtenir des revenus réguliers, ils doivent se tourner vers les titres d’entreprises qui payent des dividendes. 

ABC des actions à dividendes

Les dividendes, c’est la partie des profits qu’une compagnie verse à ses actionnaires. Ce ne sont pas toutes les sociétés qui remettent ainsi de l’argent à leurs propriétaires, loin de là. Théoriquement, celles qui rétribuent les détenteurs d’actions sont des entreprises mûres et bien établies dégageant des profits réguliers et prévisibles.

Au Canada, on pense spontanément aux banques, mais on en trouve dans une foule de secteurs. Les bonnes actions de ce genre sont très recherchées : en plus d’assurer au porteur un revenu stable, elles sont solides et gagnent de la valeur avec le temps, générant du coup des gains en capital. 

C’est le meilleur des deux mondes, d’autant plus que les dividendes sont moins imposés que les intérêts des obligations. 

Mais on ne doit pas se raconter d’histoires, ce ne sont pas pour autant des placements en béton.

Beaucoup de sociétés qui n’engrangent pas suffisamment de liquidités distribuent néanmoins leurs profits, compromettant leur développement.

À défaut de pouvoir offrir des perspectives de croissance aux investisseurs, d’autres entreprises, sur le déclin, se contentent de payer leurs actionnaires avant leur dernier tour de piste. On ne touche pas à ça. 

Quand on fouille dans les bases de données des sites d’information financière, on trouve facilement des dizaines d’entreprises qui versent plus de 5 % de dividendes par année à leurs actionnaires, juste à la Bourse de Toronto. Une poignée paye plus de 10 %. 

On doit s’en méfier. Même si les sommes versées aux actionnaires ne changent pas, le taux de dividendes, lui, varie en fonction de la valeur l’action. Plus l’action coûte cher, plus le taux en pourcentage est bas. Quand ce taux semble trop beau, c’est souvent que le titre ne vaut pas grand-chose.

Comme les cours de la Bourse se situent à des niveaux records, les taux de dividendes ne cassent pas la baraque ces temps-ci, mais ils restent de loin supérieurs aux intérêts offerts par les obligations. 

Pour dénicher des actions de qualité qui payent, on doit d’abord rechercher des entreprises solides et bien dirigées, comme avec n’importe quel investissement.  

En fait, il est plus facile de reconnaître un titre auquel on ne doit pas toucher.

Une société lourdement endettée qui verse de l’argent aux actionnaires, c’est douteux, tout comme une entreprise qui ne conserve pas pour elle une part suffisante de ses profits pour assurer son développement.

Cinq recommandations d’expert

Un des tops gestionnaires dans ce créneau au pays est québécois. Steve Belisle gère le Fonds de croissance de dividendes canadiens Manuvie, un des meilleurs de sa catégorie.

Dans ce domaine, un bon gestionnaire recherche des sociétés capables d’augmenter leurs dividendes régulièrement. Steve Belisle a bien voulu partager cinq recommandations :

  • Fortis. Cette société basée à Saint-Jean, Terre-Neuve, domine le secteur de la distribution du gaz et de l’électricité en Amérique du Nord. L’entreprise offre un taux de dividendes : 3,9 %.
  • Shaw Communication. Une compagnie de câble qui fournit les services internet, de téléphonie cellulaire et de télévision de l’Ontario à la Colombie-Britannique. Taux de dividende : 5,2 %.
  • Intact Corporation financière. Selon Steve Belisle, l’assureur québécois domine facilement ses concurrents sur tous les plans. En plus d’améliorer régulièrement son dividende, l’entreprise envahit de nouveaux marchés. Taux de dividendes : 2,2 %.
  • Morneau Shepell. Société canadienne versée dans la gestion des ressources humaines. « L’entreprise est très stable et affiche beaucoup de croissance aux États-Unis », selon le gestionnaire de Manuvie. Taux de dividendes : 2,5 %.
  • Bsr. Il s’agit d’une fiducie de revenu immobilière (REIT). Cette entreprise canadienne exploite un vaste réseau d’immeubles à appartements à la fois chics et abordables dans le sud des États-Unis, là où on assiste à un important flux migratoire. Taux de distribution : 4,5 %.

Si elle procure des revenus, cette catégorie d’actions ne joue pas pour autant le même rôle « stabilisateur » dans un portefeuille que des obligations. Si la Bourse devait planter, ces titres seront aussi touchés, mais beaucoup moins que d’autres, gonflés à l’hélium, comme il en abonde actuellement.