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L’urgence, c’est de nous procurer des vaccins

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Photo AFP Au-delà des querelles entre gouvernements, le Canada n’obtient simplement pas assez de vaccins.

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Voilà bientôt un an que la pandémie chambarde la planète. Aucun enjeu politique ou social ne saurait être plus critique que la vaccination au cours des prochains mois. 

Toutes les solutions actuelles (confinement, distanciation, etc.) ne sont que des moyens de ralentir la propagation en attendant. On cherche à réduire le nombre de décès et à éviter de surcharger le système de santé, mais en sachant que le virus continue de courir. 

Le vaccin représente la seule solution définitive. Et il existe, après moins d’un an, merci aux scientifiques de 2021. 

Énormes avantages

Le vaccin représente des vies sauvées. Au rythme actuel, chaque semaine de retard coûte entre mille et deux mille vies.

Le vaccin représente notre seul chemin vers la liberté, la capacité de rouvrir les restaurants, les salles de spectacles et le reste. Il est notre espoir du retour à une vie de plus en plus normale avec des relations sociales si nécessaires.

Le vaccin représente aussi notre chemin vers la pleine reprise de l’économie. La reprise de l’économie et de l’emploi va toujours traîner de la patte tant que nous allons supporter le fardeau des secteurs fermés et le fardeau des mesures sanitaires coûteuses.

Malheureusement, notre pays ne s’est pas avantageusement positionné dans la course pour en obtenir. Disons qu’il y a de quoi hurler lorsqu’on voit des Québécois snowbirds, en Floride, recevoir le vaccin, des gens de groupes d’âge qui n’auraient rien pu espérer ici avant le printemps.

Chicane

La question du vaccin a fait l’objet d’une chicane de coqs entre Québec et Ottawa cette semaine. Ce n’est certainement pas ce qu’on espérerait face à un enjeu aussi crucial.

Sauf que derrière les efforts politiques de chaque gouvernement pour ne pas mal paraître, il y a les faits. Le fédéral affirme que des doses dorment dans les congélateurs et que le Québec est incapable d’injecter toutes les doses fournies. Au regard des faits, c’est faux.

Il y a peut-être eu quelques lenteurs autour du jour de l’An. Mais le Québec n’a aucune difficulté à administrer sa livraison hebdomadaire de vaccins. Le nombre de doses livrées par Ottawa dans une semaine est cinq fois moindre que ce que le Québec administre durant la vaccination automnale pour la grippe.

L’accusation du fédéral concernant l’inefficacité des provinces ressemble à une diversion pour détourner notre attention du vrai problème. Le Canada manque cruellement de doses de vaccin. 

Avant les Fêtes, le gouvernement Trudeau a réussi un bon coup en obtenant des doses hâtivement. Ce fut encourageant, bon pour le moral. Mais le nombre reste tout petit. Après un mois, on n’aura pas vacciné un pour cent de la population canadienne.

Je sais que la situation n’est pas facile. Le gouvernement fédéral a commis des erreurs. Il s’est trop fié à la Chine, il a négocié des contrats d’approvisionnement sans délais garantis.

Au rythme actuel, nous serons vaccinés les derniers du G7, et même plus lentement que les Mexicains.

Monsieur Trudeau, l’urgence est à nous procurer des vaccins.