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La carrière embryonnaire et prometteuse de Rosalie Bonenfant

Patrick Lagacé, Rosalie Bonenfant et Pierre Yves Lord
Photo courtoisie, Télé-Québec Patrick Lagacé, Rosalie Bonenfant et Pierre-Yves Lord.

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Animatrice, chroniqueuse, comédienne, parolière, auteure, influenceuse : à seulement 24 ans, la pétillante Rosalie Bonenfant incarne la polyvalence. Et on n’a pas fini de la voir, puisqu’à ses dires, sa carrière est embryonnaire. Assumée, brillante, franche, et la tête qui déborde de projets, elle nous parle de la première aventure qui s’offre à elle en 2021 : elle intègre l’émission Deux hommes en or, aux côtés de Patrick Lagacé et Pierre-Yves Lord. 

Quel sera ton rôle dans l’émission ?

Je suis allée sur le plateau en mars dernier, juste avant la pandémie. Et il y a une belle synergie qui s’était créée. Puis, en juin, Pierre-Louis Laberge, le producteur, m’a appelé en me disant qu’il aurait une carte blanche à m’offrir. Tout ce qu’il voulait, c’est que je mette ma couleur. Les segments en coulisses seront pris en charge par moi, en plus d’avoir mon propre segment à chaque émission. 

Qu’est-ce que tu souhaites apporter ?

Évidemment, j’ai une bonne différence d’âge avec les gars. Je suis une fille, je suis milléniale, je pense que j’ai des opinions un peu plus champ gauche. Sans dire que je vais devenir l’avocate du diable, je pense que je vais devenir le troisième revers de leur médaille ! Je veux brasser un peu le confort qui aurait pu s’installer dans les dernières années. 

Tu portes de nombreux chapeaux dans ta carrière. Tu te définis comment ? 

Comme une wanna be, clairement (rires) ! Je suis curieuse, j’ai envie de tout essayer. Ma carrière est un embryon. J’ai envie d’explorer librement. Toutes les possibilités qui s’offrent à moi, avant même que j’ose les demander, c’est une chance immense. Je pense que je me définirais comme une fille qui s’essaye ! Mais l’aspect qui me parle le plus, c’est la création. Que ce soit l’écriture, l’art visuel ou le jeu, j’essaye d’incorporer la création dans tout ce que je fais pour être vraiment allumée. 

Quels sont tes objectifs de carrière à long terme ?

J’ai vraiment envie de jouer. J’aimerais essayer la scène aussi un jour. Je rêve de jouer dans une longue série, ou une sitcom. J’ai fait un film récemment (Nuit, de Renée Beaulieu) et je rêve d’en faire d’autres. 

Tu as commencé ta carrière à l’adolescence dans plusieurs séries. Mais tu fais beaucoup de projets qui sont loin du jeu. As-tu peur que les producteurs oublient que tu es d’abord une comédienne ?

Tout à fait. C’est une de mes plus grandes craintes. Mais en même temps, je ne suis jamais capable de dire non. Quand on m’offre une opportunité, je le vois comme l’occasion d’aller apprendre quelque chose. Je suis toujours curieuse de savoir ce qu’une expérience peut m’apporter. Généralement, mon indice pour me guider à savoir si je devrais accepter un projet ou pas, c’est le mal de ventre. Si j’ai mal au ventre, ça veut dire que je suis terrifiée, et que j’ai quelque chose à aller apprendre là. Mais on risque de me voir jouer plus en 2021.

Avec tes 95 000 abonnés sur Insta-gram, on te décrit aussi comme une influenceuse. Quel est ton rapport à ce mot-là ? 

Je trouve qu’il est tellement galvaudé et porteur de tellement de mépris. Oui, il y a beaucoup de filles qui vendent des thés qui nous rendent boulimiques, mais il y a aussi beaucoup, beaucoup de créateurs de contenus, de gens qui font découvrir des enjeux, qui donnent la parole à d’autres. Pour moi, les réseaux sociaux n’ont pas que du laid. Je sais que ceux qui me suivent sur Instagram sont des gens qui me ressemblent, ouverts, curieux, empathiques et sensibles. Ça fait en sorte que c’est une super belle tribune pour véhiculer certains messages qui me tiennent à cœur. 

Avec les mouvements Black Lives Matter et la vague de dénonciation sur les réseaux sociaux cet été, crois-tu qu’on a avancé socialement en 2020 ? 

Je pense qu’il y a eu un moment dans l’année où, globalement, on s’est fragilisés. Pour moi, ça indique une reconstruction. J’ai l’impression que cette année, on s’est tous un peu fissurés pour se réparer. Il faut faire qu’on se demande ce qu’on doit en apprendre de tout ça.

Tu t’étais prononcée cet été sur la vague de dénonciations. Comment as-tu réagi à la suite des acquittements de Gilbert Rozon et d’Éric Salvail ?

Les gens, quand ils entendent ces nouvelles-là, ils sont choqués et passent à un autre appel. Moi, les 15 et 18 décembre, mes journées étaient gâchées. Je me suis mise en boule dans mon lit, je pleurais, et je n’étais pas capable de faire autre chose que ça. Je me disais que ce n’était pas le bon moment de parler sur les réseaux sociaux. Mais je l’ai reçu très, très difficilement. Les vagues de dénonciations m’ont inspirée personnellement à écrire des chansons pour des amis artistes qui vont sortir bientôt. J’ai créé l’ébauche d’un projet également. J’espère arriver à faire émaner un petit peu de beau de ça. Parce que je serais trop fâchée d’avoir eu cette peine pour rien du tout.


Deux hommes en or est diffusée à Télé-Québec les vendredis, 21 h.