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Occupons-nous de ce qu’on peut contrôler

GEN-NOEL-COVID
Photo d'archives, Agence QMI

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Le couvre-feu, c’est comme si on allongeait ce tunnel obscur dont on ne voyait déjà pas le bout. Et on était déjà épuisé de marcher dedans depuis 10 mois...

Certes, de l’autre côté, il y a la promesse du vaccin, dont on nous laisse déjà entendre qu’il n’aura pas tout réglé même lorsqu’il aura été donné au plus grand nombre. Ça ne fait que renforcer l’impression que tout ceci est interminable.

C’est vrai qu’il y a pire que de devoir rester chez soi, de se limiter dans nos sorties et de se priver de certaines activités. On ne vit pas sous les bombes. Ça se fait par du monde.

Vrai aussi qu’il y a des gens pour qui c’est pire. C’est pire pour les aînés isolés en CHSLD ou en RPA. C’est pire pour les gens qui vivent seuls, dans un appartement minuscule, parfois dans la pauvreté. C’est pire pour les ados qui se font voler des années précieuses de leur vie.

Mais on a raison de trouver ça dur. On a raison de s’ennuyer des activités et des habitudes, parfois banales, qui font la somme de notre quotidien et auxquelles on a raison de tenir. 

Ce qui est le plus dur, c’est que ce soit interminable. On nous aurait dit en mars que ce serait encore pire en 2021, on aurait tous pété les plombs.

Sérénité

On a envie d’invoquer la prière de la sérénité, connue des Alcooliques anonymes, un texte qui trouve ses sources dans l’Antiquité. Certains l’attribuent à l’empereur Marc-Aurèle qui, lorsqu’il n’était pas occupé à diriger Rome ou à se faire tuer par son fils dans le film Gladiateur, était aussi un philosophe stoïcien célébré.

Cette prière appelle donc la grâce d’avoir la sérénité d’accepter ce qu’on ne peut changer, la force de changer ce que l’on peut et la sagesse de distinguer l’un de l’autre.

Ce qu’on ne peut pas changer, c’est le virus. Un organisme microscopique, apparu quelque part en Chine. Qui a fait le tour de la planète en voyageant d’un pays à l’autre à bord de ses hôtes. Cette bibitte est très dangereuse pour les gens âgés ou atteints de certaines maladies, mais pas seulement. Ça, c’est une réalité qu’on ne peut changer. 

Ce qu’on peut changer, toutefois, c’est la manière dont on se gère là-dedans. Collectivement, on peut se doter de règles plus ou moins strictes pour ralentir la progression du virus. Par la voie de notre gouvernement, on peut mieux protéger les employés de la santé, mieux s’occuper de nos malades et de nos personnes âgées.

Changer chez soi

Reste que, chacun de notre côté, isolés dans nos maisons, on a très peu d’emprise sur tout ça. Alors on ne peut que s’occuper de ce qu’on peut contrôler.

La manière dont on prend soin de soi, ce qu’on mange, ce qu’on fait pour bouger, les heures de sommeil qu’on s’offre. Comment on prend soin des autres, les petits qui vivent avec nous et les amis, parents, grands-parents qu’on peut appeler plus souvent. La façon dont on se protège du virus, aussi, pour éviter de l’attraper et, surtout, éviter de le transmettre à notre tour.

Dans ce long tunnel, dans ce sempiternel janvier ténébreux, c’est ce qu’on contrôle. On a l’impression que ce n’est pas beaucoup, parce que c’est vrai que ce n’est pas très excitant.

N’empêche que c’est essentiel. Accepter ce qu’on ne peut pas changer. Changer ce que l’on peut. Et faire la différence entre les deux.

Mine de rien, c’est un programme qui va bien au-delà du 8 février...