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Couvre-feu: ce vide peut casser la vague, estiment des experts

Le couvre-feu pourrait enfin freiner la flambée des cas qui a atteint des records la semaine dernière

L'autoroute de la Capitale était désertée.
Photo Didier Debusschère L'autoroute de la Capitale était désertée.

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Le couvre-feu peut casser la pénible deuxième vague si les Québécois continuent leurs efforts, soulignent des experts, alors que la province vient d’enregistrer sa deuxième pire semaine de la pandémie au chapitre des nouvelles infections.

Au lendemain du record de 3127 cas recensés et de l’instauration du tout premier couvre-feu de l’histoire du Québec, 2588 nouveaux malades et 39 décès de plus sont rapportés dans la province.

Le boulevard Laurier également désert.
Photo Didier Debusschère
Le boulevard Laurier également désert.

Montréal à elle seule enregistre 1071 cas supplémentaires et 10 autres victimes.

De leur côté, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches font conjointement état de 233 nouveaux porteurs du virus et de 7 décès.

D’après l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la province vient de terminer sa deuxième pire semaine en termes de cas confirmés, avec un total de 17 139, tout juste derrière la semaine précédente.

Même chose, du côté de l'autoroute Laurentienne.
Photo Didier Debusschère
Même chose, du côté de l'autoroute Laurentienne.

Quatre à six semaines

Le couvre-feu généralisé arrive donc à point nommé, d’après le Dr Mathieu Simon, chef de l’unité des soins intensifs de l’Institut universitaire de pneumologie et de cardiologie de Québec. En fait, il pourrait s’agir de la mesure qui brisera cette fameuse deuxième vague qui s’étire depuis le 2 septembre.

« La marine américaine, les Chinois, les Néo-Zélandais, les Australiens ont montré qu’avec des mesures comme celles-là, quand elles sont suivies, on peut venir à bout d’un pic pandémique au bout de quatre à six semaines », affirme-t-il.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec avec Dr. Mathieu Simon, chef de l’unité des soins intensifs de l’IUCPQ à Québec, sur QUB radio: 

Le Dr François Marquis, qui occupe le même poste que son homologue de Québec, mais à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, abonde dans le même sens.

« Présentement, les gens qui nous parlent d’où ils ont attrapé leur infection, c’est essentiellement lors de tricheries [aux mesures sanitaires] le soir. Le couvre-feu pourrait avoir des effets très positifs, mais il faut qu’on s’y conforme », lance le médecin.

« Le gouvernement a été trop généreux en avertissements jusqu’à présent », estime-t-il.

Ça n’a toutefois pas été le cas lors de la première nuit du couvre-feu, samedi, alors que quelques centaines d’amendes ont été données à travers le Québec.

Une mesure qui fonctionne

La rue Saint-Jean était vide.
Photo Didier Debusschère
La rue Saint-Jean était vide.

Le couvre-feu a d’ailleurs prouvé son efficacité contre le coronavirus. Plusieurs études effectuées sur le sujet en France, où le gouvernement d’Emmanuel Macron l’a imposé à quelques reprises, montrent que « l’accélération [de la propagation du virus] a diminué notamment avec les mesures de couvre-feu ».

Selon l’une de ces études, publiée par Santé publique France, une diminution considérable de l’incidence et des admissions à l’hôpital a été observée 7 à 10 jours après la mise en place des mesures.

La revue scientifique britannique The Lancet a aussi indiqué dans une étude que le couvre-feu « semble avoir réussi non seulement à alléger la charge pesant sur les unités de soins intensifs des deux régions de France les plus sévèrement touchées, mais aussi à prévenir des épidémies incontrôlées dans d’autres régions » de l’Hexagone. 

—Avec la collaboration de TVA Nouvelles

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

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