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Couvre-feu : un moment pour apprécier notre liberté

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Le couvre-feu est une bonne occasion de prendre un moment pour réaliser combien notre liberté est précieuse. 

Ne pas sortir un soir, c’est chose courante pour la plupart des Québécois. Mais ne PAS POUVOIR sortir un soir, ça frappe un peu plus l’imaginaire. Ce n’est pas dramatique et ce n’est pas pour longtemps, mais c’est plus agaçant. Ça nous fait nous rendre compte que d’être privé de notre liberté sans raison valable nous affecterait grandement et que c’est un droit fondamental.

Malgré la nécessité de cette mesure du couvre-feu, puisque les cas de COVID-19 ne cessent d’augmenter et que le Gouvernement est rendu à se servir de la force de la Loi sur la santé publique pour protéger le public, on se rend quand même compte de l’importance de la liberté.

En effet, le couvre-feu est légal malgré son atteinte à des droits et libertés fondamentaux. La santé publique est une priorité, et lorsque la menace est trop grande le Gouvernement peut se servir de la disposition qui lui permet de prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger le public. C’est le cas ici.

Un exercice qui est nécessaire certes vu la situation des hôpitaux et l’incapacité à intervenir dans les résidences privées pour arrêter les rassemblements qui causent de plus en plus de cas, mais qui peut quand même nous faire réaliser l’importance de la rigueur de notre système judiciaire.

C’est une petite dose de privation ce qui se passe en ce moment, ce n’est pas si contraignant de ne pas pouvoir sortir entre 20 h et 5 h du matin. C’est un coup à donner pour des jours meilleurs. Mais prenez quand même le temps de vous imaginer si vous ne pouviez pas sortir tous les jours et pour une longue période... C’est ce qu’on appelle l’emprisonnement dans la collectivité pour punir certains crimes. Pas évident, de quoi devenir fou. Quand tout le monde dit que c’est des peines bonbon, c’est peut-être le temps de réaliser que la liberté c’est précieux. Imaginez maintenant une peine de prison dans une institution carcérale provinciale ou fédérale...

Je m’époumone à longueur d’année à expliquer l’importance de la présomption d’innocence et le dommage immense de juger quelqu’un sur la place publique, de l’accuser à tort ou de donner une sentence d’emprisonnement à quelqu’un qui n’a pas commis un crime.

Souvent, c’est lorsqu’on perd quelque chose qu’on se rend compte de son importance, prenez donc cette période nécessaire pour réaliser l’importance de la liberté et ça vous aidera à comprendre notre système judiciaire qui est très rigoureux afin d’empêcher que des personnes soient privées de leur liberté arbitrairement. Des gens à l’époque se sont battus pour ces droits et il ne faut pas les perdre. C’est donc pourquoi, lorsque vous voudrez condamner malgré tout une personne qui a été acquittée par notre système, pensez-y.

Vous goûtez maintenant à une petite dose de privation de liberté et ici, au moins c’est pour une bonne cause : sauver des vies.