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Nouveau thriller d'Olivier Norek: la guerre «verte» est à nos portes

Olivier Norek
Photo courtoisie, Bruno Chabert L'écrivain français, Olivier Norek.

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Travailleur dans les missions humanitaires, puis capitaine de la police judiciaire pendant 18 ans, l’écrivain français Olivier Norek a enquêté sur une cause qui fait frémir pour son nouveau thriller : la survie de l’humanité. Sérieusement documenté, ce polar glaçant, très inquiétant, mené à fond de train, met en scène le kidnapping d’un PDG par un justicier environnementaliste. La guerre «verte» est à nos portes, et Olivier Norek tire la sonnette d’alarme.

Avec Virgil Solal et les autres personnages d’Impact, Olivier Norek nous donne un avant-goût de ce qui nous guette si on n’agit pas.

Virgil Solal est traumatisé par la mort de sa fille, mort-née à cause de la pollution. Il entre en guerre, en solo, contre des géants dans ce polar dans lequel se glissent beaucoup d’éléments troublants sur les effets de la pollution et des changements climatiques. 

Ce qui donne froid dans le dos, c’est que le kidnapping d’un PDG se déroule sur un fond de catastrophes environnementales. L’auteur s’est documenté – on peut dire qu’il a de l’expérience en matière d’enquête –, et les événements auxquels il fait référence au cours de l’intrigue ont de quoi faire dresser les cheveux sur la tête.

Ce qui nous attend

<strong><em>Impact</em><br>Olivier Norek</strong><br>Éditions Michel Lafon<br>350 pages.
Photo courtoisie
Impact
Olivier Norek

Éditions Michel Lafon
350 pages.

«Vu que l’écologie, tout le monde en parle, mais que ça n’avance pas assez vite, je me suis dit : écrivons un conte qui fait peur avec, à l’intérieur, les outils et les armes pour affronter ce qui va nous arriver demain si on ne réagit pas assez vite», commente Olivier Norek, en entrevue.

Il est d’avis que ce n’est pas le thriller le plus violent qu’il a écrit, mais que c’est celui qui fait le plus peur, à l’intérieur de nous. «Pour une fois, je raconte une histoire qui est totalement vraie et qui concerne tout le monde.»

Il explique. «Quand on crée un assassin en série, on sait bien qu’on a une chance sur 10 millions d’en croiser un au coin de la rue. Tandis que ce dont je parle, c’est quelque chose qui nous touche tous. Qui déjà, sans qu’on le sache, nous prend entre cinq et dix ans de vie par an. C’est quelque chose qui tue 10 à 20 millions de personnes par an.»

Considérant que le nombre est difficile à visualiser, vu son ampleur, il propose une comparaison. «C’est l’équivalent, tous les ans, de quatre Premières Guerres mondiales. La pollution, le réchauffement climatique, c’est quelque chose de réel quand on fait des comparatifs avec des choses qu’on connaît.»

La pollution tue

La pollution tue. Mais aussi les inondations, les canicules, les famines, les sécheresses, le non-accès à l’eau potable et toutes les maladies dues à une mauvaise eau, les problèmes respiratoires, les problèmes cardiaques, les problèmes de peau qui touchent beaucoup d’enfants d’Afrique, d’Inde, d’Asie du Sud, énumère l’auteur, qui s’est documenté pendant un an et demi pour écrire le thriller.

«Tout ça mis bout à bout – notre folie des énergies fossiles –, c’est ça : c’est 20 millions de morts par an. C’est comme si, tous les ans, on avait un génocide absolu. C’est incroyable.»

Le confort se paye

Mais le vrai problème, poursuit-il, c’est pourquoi on ne réagit pas. «On ne réagit pas parce que ça ne nous touche pas, nous, les pays riches. Ça ne nous touche pas aux États-Unis, au Canada, en Europe parce que ces millions de morts, ils ne sont pas encore chez nous. Ce sont les autres. Les étrangers. Hors de nos frontières.» 

Et il ajoute : «Il faut savoir que notre confort, il se paye. Il se paye en vies humaines. C’est probablement un des messages les plus importants d’Impact.»   

  • Olivier Norek a été capitaine de la police judiciaire française pendant 18 ans.  
  • Il a écrit quatre polars devenus best-sellers : Code 93, Territoires, Surtensions et Surface.  
  • Ils ont tous reçu des prix prestigieux et ont été traduits dans plusieurs pays.  
  • Il figure au palmarès des meilleurs auteurs de polar de l’année 2020 du Times.   

Extrait   

«À chaque virage, la voiture de tête, un pick-up militaire, soulevait des nuages de terre fine qui s’insinuaient partout où ils le pouvaient. Derrière elle, les dix camions à la file créaient une traîne trois fois plus imposante. De loin, on aurait pu penser qu’un brouillard vivant et menaçant avançait à toute vitesse vers les prochains villages, prêt à les dévorer.

Solal ne supportait plus cette seconde peau de poussière.»