/sports/football
Navigation

Une victoire attendue

Une victoire attendue
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

Tout vient à point à qui sait attendre. Les Bills ont dû patienter 25 ans, mais ils savourent finalement une victoire en séries éliminatoires, au compte de 27-24 face aux Colts.

La dernière fois, c’était le 30 décembre 1995. Les six matchs suivants qu’ils avaient disputé en séries s’étaient soldés par des échecs. La différence, c’est que désormais, les Bills disposent d’un véritable quart-arrière capable d’inspirer les troupes. Josh Allen a été tout simplement brillant en devenant le premier pivot dans l’histoire en séries à amasser plus de 300 verges par les airs, plus de 50 au sol, en plus de compléter plus de 70% de ses passes. 

Sur sa première passe de touché, il a feint la course de brillante façon avant de dégainer au dernier instant vers Dawson Knox avant d’être rabattu au sol. Sur sa deuxième passe de touché, c’est plutôt son bras qui a été mis à l’honneur avec une belle bombe de 35 verges à Stefon Diggs. Le duo du tonnerre, qui n’a pas son égal dans la NFL à part à Green Bay avec Aaron Rodgers et Davante Adams, a de nouveau frappé. 

Allen a même gagné 54 des 96 verges au sol des Bills. Plusieurs courses n’étaient pas le fruit de son improvisation, mais des jeux prévus en ce sens. Comme quoi les Bills misent sur leur quart pour toutes les facettes de leur jeu. 

Autodestruction

Le résultat est donc parfait pour les Bills, même si le match fut loin de l’être. En effet, les Colts ont obtenu plus de premiers jeux (27-22), plus de verges (472-397) et ont gagné la bataille du temps de possession. 

Ils ont eu le don de s’autodétruire à plusieurs reprises. En avance 10-7 au deuxième quart, ils ont raté une tentative de conversion de quatrième essai à la porte des buts. Si l’entraîneur-chef Frank Reich avait opté pour un placement, les Colts auraient eu là les trois points qui leur ont manqué au final.  

Pire encore, sur la séquence suivante, les Bills ont inscrit le touché qui leur a donné les devants et le vent a tourné. C’est sans compter que ce touché s’est produit trois jeux après que Kemoko Turay ait écopé d’une pénalité pour hors-jeu sur un quatrième essai des Bills. 

Au troisième quart, le botteur Rodrigo Blankenship a raté un placement. Encore trois points laissés sur le terrain!  

En cinq visites dans la zone payante, les Colts n’ont inscrit que deux touchés. Tard au quatrième quart, la défensive est parvenue à provoquer un échappé de Josh Allen, sans toutefois recouvrir le ballon. Que d’occasions ratées! 

En bout de ligne, les Bills n’ont donc pas joué leur meilleur football, mais ont trouvé une manière de survivre et de l’emporter. C’est généralement la marque des meilleures équipes. 

Victoire coûteuse

De leur côté, les Rams ont offert une performance défensive absolument dominante face aux Seahawks, dans un gain de 30-20. Dans la victoire, ils ont toutefois perdu les services du plaqueur étoile Aaron Donald et du receveur Cooper Kupp. Il faudra voir quel sera leur statut pour la suite du parcours. 

Les Seahawks n’ont gagné que 11 premiers jeux et 278 verges, en plus d’avoir été victimes de cinq sacs du quart. Russell Wilson n’a complété que 11 de ses 27 passes. 

Au total, 12 des 14 séries offensives des Seahawks n’ont pas permis d’accumuler plus de 27 verges.  

Le duo de receveurs redoutable de Seattle, formé de DK Metcalf et Tyler Lockett, a été limité à sept réceptions. Le demi de coin des Rams Jalen Ramsy a été particulièrement solide. Selon NextGen Stats, il a fait face à Metcalf sur 22 de ses 32 tracés. Face à Ramsey, Metcalf a été limité à 33 verges. 

À l’attaque, les Rams n’ont fait que le nécessaire et le porteur Cam Akers a été la locomotive. Même s’il n’a complété que neuf passes en 19 tentatives, il faut saluer l’effort de Jared Goff, qui ne devait pas jouer parce qu’il se remet d’une fracture du pouce de la main droite. Il a été lancé dans la mêlée dès le premier quart quand John Wolford s’est blessé lorsque frappé par Jamal Adams sur une course. 

Chapeau, mais il ne faut surtout pas se leurrer. C’est la défensive des Rams qui a remporté ce match. Voilà une tournure d’événements plutôt inattendue, sachant qu’il y a deux ans à peine, c’était l’offensive qui menait la parade. 

Pour les Seahawks, il s’agissait d’une première défaite à la maison en séries depuis janvier 2004. Ils avaient remporté leurs 10 précédents essais à Seattle.  

L’offensive a manqué de créativité tout au long de la rencontre, un problème qui est récurrent depuis la deuxième portion du calendrier régulier. Difficile d’imaginer, après un tel désastre, comment le coordonnateur offensif Brian Schottenheimer pourrait conserver son poste. 

Les Bucs ont eu chaud

On vous disait avant la rencontre que ça pourrait être plus complexe que prévu pour les Buccaneers face à Washington, malgré les apparences. C’est ce qui s’est produit, mais pas pour les raisons qu’on croyait, dans un gain de 31-23. 

Le front défensif redoutable de Washington, mis à part deux sacs de Da’Ron Payne, a été plutôt discret. C’est tout à l’honneur de la ligne offensive de Tampa, qui a bien protégé Tom Brady. Il y a un an, cette ligne offensive était une lacune criante, mais l’ajout du bloqueur Tristan Wirfs, choix de première ronde au dernier repêchage, a changé la donne. L’autre bloqueur, Donovan Smith, a aussi élevé son jeu. 

Mais pour en revenir à ce qui a donné la frousse aux Bucs, c’est plutôt le quart-arrière Taylor Hinicke. Toujours ennuyé par une blessure à la jambe droite, Alex Smith a été contraint au repos forcé, mais Heinicke a amené une belle mobilité, qui a permis à l’attaque de Washington de produire.  

Qui est ce Heinicke? Un quart-arrière qui a joué son football universitaire à Old Dominion, un programme plus que mineur. Il a été employé et libéré par les Vikings, les Patriots, les Panthers et les Texans avant d’obtenir une autre chance à Washington. 

Il a terminé la rencontre avec 306 verges, un touché et une interception, en plus de 46 verges au sol et un touché. Heinicke devient agent libre et il y a fort à parier qu’il a suffisamment bien fait pour décrocher un contrat intéressant. 

Dans cet affrontement digne de David contre Goliath, il n’a pu toutefois faire tomber le géant Tom Brady (381 verges, deux passes de touchés). Ce dernier a bien connecté avec son receveur Mike Evans (6 réceptions, 119 verges), même si ce dernier jouait sur une jambe. 

Pour les Buccaneers, il s’agit d’une première victoire en séries depuis la conquête du Super Bowl, au terme de la saison de 2002.  

LES ÉTOILES DU JOUR  

Colts-Bills

Josh Allen

Le quart-arrière des Bills a été étincelant avec 324 verges par les airs et deux passes de touchés, en plus de 54 verges au sol et un autre touché. Sa capacité d’évasion a mystifié les Colts et il leur a fait payer avec plusieurs longs gains. 

Stefon Diggs

On dit souvent qu’une équipe ne devrait pas se départir d’un choix de première ronde, mais les Bills ont posé le bon geste en misant sur Diggs. Le receveur a capté six passes pour 128 verges et un touché. C’était un huitième match de plus de 100 verges cette saison. 

Jack Doyle

L’ailier rapproché des Colts a été productif avec sept réceptions pour 70 verges et un touché, en plus de capter une passe pour un converti de deux points. L’attaque aérienne des Colts a d’ailleurs été axée sur les trois ailiers rapprochés, qui ont capté 14 passes. 

Rams-Seahawks 

Aaron Donald

Avant de se blesser aux côtes et de quitter le match, le plaqueur était destructeur à souhait avec deux sacs du quart. Il a privé Russell Wilson d’une passe de touché certaine en appliquant la pression et le quart a précipité sa passe. Meilleur joueur sur le terrain, de loin! 

Darious Williams

Le demi de coin a réussi le jeu du match lorsqu’il s’est interposé à la ligne de mêlée pour couper une passe voilée à destination de DK Metcalf. Williams a saisi le ballon et l’a retourné pour un touché. Le tandem formé avec Jalen Ramsey est redoutable. 

Cam Akers

Le porteur de ballon recrue des Rams a battu un record de franchise pour un match éliminatoire avec 176 verges de la ligne de mêlée. Ses gains ont donc compté pour 53% de l’attaque totale des Rams. Toute une prestation pour un premier match de séries en carrière! 

Buccaneers-Washington

Tom Brady

L’infatigable quart-arrière des Buccaneers ne fait définitivement pas son âge. Il a accumulé 381 verges et a ajouté deux passes de touchés. À 43 ans, il est devenu le pivot le plus âgé à lancer une passe de touché dans un match de séries. 

Taylor Heinicke

Chapeau au quart-arrière de Washington pour son sang-froid! Il a su au dernier moment qu’il amorcerait un premier match en séries et il a très bien fait. Il y a un an, il était réserviste dans la XFL. Sa mobilité l’a bien servi. 

Lavonte David

Le seondeur a mené les siens avec neuf plaqués, mais surtout, il a réussi un sac du quart critique sur un troisième essai lors de la dernière série offensive de Washington. Ce sac a positionné Washington dans une situation difficile de 4e essai et 21 verges à faire.