/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Balance ton porc, vraiment?

Coup d'oeil sur cet article

Avant les fêtes, je vous ai proposé ma liste de lecture.

J’aimerais rajouter un livre. Je recommanderais à tous les journalistes, les commentateurs et les « gérants d’estrade de l’opinion » de lire Balance ton père d’Éric Brion.

Vous connaissez le mouvement « Balance ton porc » en France ? Eh bien, le porc, c’est lui. Et dans ce livre, il raconte rien de moins que sa descente en enfer.

UN CAUCHEMAR

En 2017, en pleine affaire Harvey Weinstein, une journaliste française lance sur Twitter le mot-clic #balancetonporc (qui deviendra viral). Elle accuse Éric Brion de lui avoir dit lors d’une soirée cinq ans auparavant : « Tu as de gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit ».

Brion ne nie pas avoir dit ça, mais confirme lui avoir envoyé un texto le lendemain pour s’excuser d’avoir été déplacé. Il reconnaît avoir été vulgaire (il avait trop bu), mais ne l’a pas harcelée, pas agressée, pas touchée.

Mais quand Sandra Muller le dénonce cinq ans après les faits, elle le présente comme un monstre, un porc, un harceleur. Et Éric Brion se fait littéralement lyncher sur la place publique.

Sa blonde le quitte, ses amis le laissent, et il perd tous ses contrats en télévision. Il ne lui reste que ses deux filles, à qui il s’adresse dans son livre.

Vous vous souvenez quand Charles Lafortune, à propos de Mariper Morin, parlait de « sentence sociale extrême » ?

• À lire aussi: Charles Lafortune explique son choix

Éric Brion, lui, parle d’une « mort sociale ». Et il n’a mordu personne.

Sa description de sa terrible et rapide descente aux enfers donne froid dans le dos.

Son accusatrice laisse entendre qu’il y a des dizaines d’autres « victimes » (ce qui s’avère faux). Elle encourage sur les médias sociaux le lynchage de Brion comme si ce qu’il avait fait était aussi grave que Harvey Weinstein qui a violé des dizaines de femmes.

« Toute défense est inaudible. Je suis coupable et mon procès se déroule sous mes yeux. La nouvelle justice se déroule en direct sur Twitter », écrit Éric Brion.

Les journalistes croient aveuglément l’accusatrice... sans chercher à connaître la version de l’accusé.

« Si je comprends, Sandra Muller est du côté du bien car c’est une femme. Et moi, du côté du mal, car je suis un homme blanc de 50 ans, hétérosexuel, ancien patron et donc coupable par définition. C’est simple à comprendre, à reproduire, les cases sont à leur place », écrit Éric Brion.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

La question fondamentale que pose cet homme détruit est la suivante : comment se fait-il qu’on ait accordé la même crédibilité à l’enquête fouillée du New York Times et du New Yorker sur Harvey Weinstein (qui a duré six mois) et un simple tweet lancé par Sandra Muller ?

Autre question soulevée par Brion : pourquoi ceux qui cherchent à faire la différence entre une phrase vulgaire et un viol se font accuser d’être... antiféministes ?

UN DERNIER MOT

En 2019, Éric Brion a gagné son procès en diffamation contre Sandra Muller. « Le tribunal a estimé que qualifier le plaignant de harceleur était diffamatoire et condamnable ».

Il me semble que ça devrait faire réfléchir pas mal de gens au Québec, non ?