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Chansons à vendre: la pandémie incite des vedettes à céder leurs droits

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AFP Bob Dylan a cédé son catalogue de chansons pour plus de 300 millions $ U.S.

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La décision récente des immortels de la musique Stevie Nicks, Bob Dylan et Neil Young de céder pour des sommes faramineuses les droits de leurs chansons à des sociétés d’investissement serait une autre conséquence de la pandémie de COVID-19.

Entre 300 et 400 millions de dollars : c’est ce que Universal Music Publishing Group a payé pour s’assurer les droits du précieux catalogue de Bob Dylan.

La société Hipgnosis Songs Fund aurait déboursé 150 M$ pour mettre la main sur 50 % des droits des titres de Neil Young après avoir aussi conclu des ententes avec Debbie Harry, Lindsay Buckingham, Chrissie Hynde et plusieurs autres. Stevie Nicks a, pour sa part, cédé 80 % de ses droits à Primary Wave pour une somme estimée à 100 M$.

Ce qui les pousse à vendre ? En premier lieu, le regain de popularité des classiques du rock en temps de pandémie. Ce que l’expert en Sportainment de l’Université du Québec à Montréal, André Richelieu, appelle le « rétromarketing ».

« Les amateurs de musique se réfugient dans la nostalgie d’un passé rassurant face à un présent rempli de défis et un avenir fort incertain », note-t-il.

On l’a vu quand Dreams, un titre de Fleetwood Mac qui date de 1977, est revenu dans les palmarès lorsqu’un utilisateur de TikTok s’est servi de la chanson dans une publication devenue virale.

« C’est une occasion pour les artistes de capitaliser sur un actif qui pourrait s’apprécier avec le temps et de le vendre à un prix premium à des compagnies de musique qui vont l’exploiter pour en tirer un profit grâce à l’attrait d’une marque forte que l’artiste aura bâtie durant sa carrière », analyse M. Richelieu.

Tout vendre avant de mourir

Qui seront les prochains ? Les paris sont ouverts. Déjà, Dolly Parton et David Crosby ont mis la pancarte à vendre.

Dans une entrevue à NPR, Crosby, 79 ans, a dit que c’était une question de subvenir à ses besoins. « Je ne peux plus faire de concerts à cause de la COVID et ça ne reprendra pas de sitôt. Le capital dont je dispose, ce sont mes droits d’édition. »

En outre, pointe l’animateur Mike Gauthier, céder ses chansons avant de mourir permet d’éviter des conflits à la succession.

« Des conseilleurs leur conseillent de tout régler avant de partir. Il paraît que dans le cas de Frank Zappa, entre autres, ce fut le désastre total. Même chose avec Prince, la foire a pris après son décès quand une de ses sœurs a pris le contrôle », note M. Gauthier.

Bref, pour une succession bien ordonnée, il vaut mieux séparer un compte de banque de plusieurs millions que de transférer la gestion de ses chansons.

Selon toute vraisemblance, l’appétit des investisseurs pour les droits musicaux tient également à l’émergence de l’écoute en continu, qui a ouvert des débouchés à une industrie qui se cherchait un nouveau modèle au début des années 2000. – Avec AFP