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Malaise à employer le français pour bien des fonctionnaires... francophones!

Bloc fédéral drapeau canadien canada
Photo d'archives

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Près de la moitié des francophones qui travaillent pour la fonction publique fédérale dans des régions particulièrement bilingues du Canada sont mal à l’aise d’utiliser le français dans le cadre de leur emploi.

C’est ce que révèle un récent sondage mené par le Commissariat aux langues officielles auprès de 10 828 fonctionnaires de cinq régions clés: le Nouveau-Brunswick, les villes d’Ottawa et de Gatineau, les autres endroits en Ontario où l’on parle autant la langue de Shakespeare que celle de Molière ainsi que les endroits au Québec où les milieux de travail sont bilingues.

Toutes régions confondues, pas moins de 44% des répondants francophones ont admis ressentir de l’inconfort à l'idée de s’exprimer dans leur langue première auprès de leurs collègues. Pour chacune des cinq régions individuellement, la proportion atteint toujours au moins 22%.

«L’explication la plus fréquente est que cela serait un inconvénient pour des collègues ou des superviseurs qui pourraient ne pas être à l’aise dans la langue, ou que cela allait les déranger ou causerait du trouble», peut-on lire dans le rapport de recherche publié vendredi dernier.

Parmi les francophones qui ont dit se sentir mal à l’aise d’utiliser leur première langue, 37% ont dit éprouver ce problème lors de communications orales, comme durant une réunion d’équipe, et 27% dans le cadre d'échanges à l’écrit. D’autres – 19% – hésitent à demander d’être supervisés dans leur langue maternelle.

Pour chacun de ces contextes où le malaise d’employer sa langue maternelle se manifeste, une vaste proportion des répondants craignent d’être perçus comme des «fauteur[s] de troubles».

Pendant ce temps, 39% des anglophones sondés qui ont une connaissance de la langue de Molière hésitent à l’employer. La principale raison mentionnée? «Je manque de pratique – il me faut faire un effort supplémentaire», ont répondu 69% de ceux pour qui le problème se pose à l’oral.

Parallèlement, 61% craignent qu’on les juge ou les corrige pour leur accent, pour leurs erreurs de grammaire ou pour leur vocabulaire. Un autre 42% de répondants ont indiqué que «les collègues ont tendance à passer à l’autre langue» quand ils essaient d’interagir en français.

«Le droit de travailler en français au sein de la fonction publique fédérale est non négociable et nous devons veiller à ce que l’utilisation des langues officielles soit maintenue dans les lieux de travail fédéraux», a réagi le bureau du président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, responsable de la fonction publique. Le gouvernement Trudeau promet d’étudier le rapport de recherche produit par le Commissariat aux langues officielles et d’y donner suite.