/investigations/health
Navigation

Chirurgies annulées, mais pas celle d’une meurtrière trans

Elle subit une réassignation sexuelle pendant qu’on reporte plein d’interventions

Centre métropolitain de chirurgie
Photo Agence QMI, Maxime Deland Une dizaine d’agents des services correctionnels, dont certains armés, ont été déployés la semaine dernière au Centre métropolitain de chirurgie, où deux détenues ont subi une réassignation sexuelle.

Coup d'oeil sur cet article

Au moment où des milliers de chirurgies sont annulées dans les hôpitaux à cause de la pandémie, le gouvernement fédéral a déployé l’artillerie lourde pour des opérations de réassignation sexuelle sur deux détenues, dont une meurtrière qui s’est déjà évadée.

• À lire aussi: COVID-19: La plupart des hôpitaux ont atteint un niveau maximal de délestage

• À lire aussi: L’attente est en forte hausse

Le Service correctionnel du Canada a dépêché une dizaine d’agents la semaine dernière au Centre métropolitain de chirurgie (CMC), un établissement privé spécialisé dans ce type de chirurgies.

Les interventions ont été prises en charge par les autorités carcérales, qui ont payé toutes les dépenses, incluant la procédure elle-même et la sécurité. 

Centre métropolitain de chirurgie
Photo Agence QMI, Maxime Deland

Or, pendant ce temps, plusieurs hôpitaux ont dû réduire leurs activités chirurgicales jusqu’à 50 % au cours des dernières semaines en raison de la pandémie. 

La situation est particulièrement difficile dans la grande région de Montréal, où les soins intensifs commencent à déborder.

Au printemps dernier, des discussions avaient eu lieu pour que des patients de l’Hôpital du Sacré-Cœur subissent leur chirurgie d’un jour au CMC.  

  • Écoutez le journaliste Éric-Yvan Lemay au micro de Caroline St-Hilaire sur QUB radio:   

  • Écoutez l'entrevue avec le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu sur QUB radio

Risque d’évasion

L’une des détenues opérées la semaine dernière, Jamie Boulachanis, 47 ans, s’est déjà évadée. Autrefois connue sous le nom de John, elle avait caché des lames de métal et une clé de menottes pour s’échapper d’un fourgon cellulaire en 2013 avant d’être rattrapée. 

Elle était alors en détention préventive après une cavale de 13 ans qui l’a menée de la Grèce aux États-Unis. En 2016, elle a été reconnue coupable du meurtre au premier degré de Robert Tanguay, survenu en 1997. Ce dernier a été tué dans une sablière où il a été enterré. Boulachanis et ses complices faisaient partie d’un réseau de vol d’autos et craignaient d’être dénoncés à la police par Tanguay.

L’an dernier, un juge avait refusé sa requête pour être transférée de la prison de Port-Cartier à un établissement pour femmes. Les autorités carcérales jugeaient alors les risques d’évasion trop élevés.  

  • Écoutez La rencontre Dutrizac-Dumont sur QUB radio:   

Opération essentielle

L’autre détenue a fait le voyage depuis l’Ouest canadien pour être opérée. Le Service correctionnel du Canada (SCC) n’a pas voulu commenter ces cas. Une porte-parole indique toutefois que les interventions pour traiter la dysphorie de genre sont jugées essentielles.

« Pendant la pandémie, les services sont offerts dans le respect des orientations en matière de santé publique », dit Esther Mailhot, aux services médias du SCC.

– Avec Stéphane Alarie et Andrea Valeria 


  

  • Patients en attente avant la pandémie : 114 000  
  • Patients en attente au début décembre : 140 000   

Patients en attente depuis plus d’un an

◆ Mars : 3701

◆ Juin : 7554

◆ Septembre : 10 758

◆ Novembre : 12 115

Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux