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Couvre-feu: on a sauté l’étape du last call

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Le couvre-feu imposé à la population du Québec comme mesure de prévention de la COVID-19 en frustre plus d’un. C’est vrai, il s’agit d’une mesure extrême.

Considérant la hausse du nombre de cas et le risque de débordement plus que réel du système de santé, le couvre-feu peut s’expliquer. Mais tout aurait été bien plus simple si on n’avait pas sauté une étape, celle du last call.

Y’est 3 h, on ferme !

« LAST CALL ! C’est l’heure des grosses gorgées ! Y’est 3 h, on ferme ! »

Si vous avez fréquenté autant de bars que moi, vous connaissez la chanson. Avant d’allumer les lumières et de mettre les chaises sur les tables, le bon barman-confesseur donne son préavis.

Quand votre aubergiste préféré annonce le last call, vous comprenez que la fête est finie. Content, pas content, c’est l’heure.

Eh bien ça, notre bon gouvernement n’a pas voulu le dire. 

« Québécois, Québécoises, le party est fini. À partir de samedi, les policiers ne distribueront plus d’avertissements. Fini les négociations, c’est l’heure des contraventions. » (Messemble que c’est une bonne ligne, en plus...)

Punir tout le monde pour une minorité

Les récalcitrants n’étaient pas nombreux à marcher dans les rues samedi soir, mais heureusement, ils ont été mis à l’amende.

Si des constats d’infraction avaient été remis plus rapidement dans cette pandémie, en serions-nous rendus à vivre ce couvre-feu surréel ?

Et croyons-nous vraiment que c’est cette mesure plus psychologique qu’autre chose qui va infléchir la courbe ?

De l’aveu même du docteur Arruda, rien ne démontre que le couvre-feu a une efficacité autre que celle d’envoyer un signal clair, de marquer les esprits. En tout respect, je vous soumets qu’une contravention de 1000 $, ça marque aussi le portefeuille, souvent plus sensible que le ciboulot.

Québec ne reculera pas sur cette nouvelle stratégie, mais c’est décevant qu’on en soit arrivé là avant même d’avoir épuisé toutes les autres options.