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Des écoles pour jeunes autistes restent fermées

Même si les élèves sont de niveau primaire et ont besoin de surveillance

Des écoles pour jeunes autistes restent fermées
Photo d'archives, Agence QMI

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Des mères vivront un véritable casse-tête dès lundi, l’école spécialisée de leur adolescent autiste restant fermée malgré l’ouverture des écoles primaires. 

«Qu’est-ce que je fais, à partir de lundi? Je ne peux pas mettre mon fils dans mes poches», ironise Nathalie St-Martin, 52 ans.

Son fils Samy, 13 ans, est atteint d’un trouble du spectre de l’autisme et a besoin d’être surveillé comme un enfant de 5 ans.

Les écoles qui accueillent des élèves handicapés ou vulnérables sont dans une catégorie à part. Elles avaient le droit d’ouvrir dès le retour des Fêtes, le 4 janvier.

Or, ces écoles ne sont pas obligées d’ouvrir. C’est à la discrétion de l’équipe de chaque établissement, explique Éric Ladouceur, coordonnateur aux communications au Centre de services scolaire des Affluents.

Ainsi, l’école Jean-Claude-Crevier à Repentigny, que fréquente Samy, est toujours fermée et le sera encore la semaine prochaine. Elle n’ouvrira que le 18 janvier, en même temps que les écoles secondaires ordinaires.

Nathalie St-Martin
Photo Chantal Poirier
Nathalie St-Martin

Retour lundi

Le hic, c’est que bon nombre de parents retournent au boulot lundi. Et contrairement aux adolescents typiques, certains jeunes de cette école ne peuvent pas être laissés seuls. 

C’est le cas de Mme St-Martin et de sa collègue Marie Beaudoin, qui travaillent au service de garde d’une école primaire. 

Le fils de Mme Beaudoin est âgé de 20 ans, mais il a l’âge mental d’un jeune de 9 ans. «Je commence tranquillement à le laisser seul à la maison pour de courtes périodes», explique-t-elle.

Comme elle a des horaires coupés, elle pourra faire des aller-retour entre le boulot et la maison pour s’assurer que tout va bien pour son fils. 

«C’est un casse-tête», s’exclame-t-elle. «S’il allait à l’école, ce serait beaucoup mieux». 

Et cela serait bénéfique pour leur jeune, puisque l’école virtuelle est autant, voire plus, laborieuse pour eux que pour les enfants du primaire, observent les deux mères interrogées. 

«Les rencontres Teams [avec l’enseignant] durent environ 10 minutes.»

«Samy se met dos à l’ordinateur parce qu’il y a trop de choses à analyser», illustre Mme St-Martin. Par exemple, le fait de voir sa propre image en visioconférence le trouble. 

De son côté, l’école a jugé que le système de cours à distance pour ses classes spécialisées était «efficace et suffisant», indique M. Ladouceur.

Pénurie

En tant que proches aidantes, les deux mères auraient droit à une prestation du gouvernement fédéral afin de rester à la maison avec leur garçon. 

Cette solution viendrait toutefois causer un autre problème, c’est-à-dire de déplumer le service de garde où elles travaillent, qui est déjà en sous-effectif. 

«J’aimerais mieux trouver une gardienne pour mon fils, même si c’est des frais. Comme ça, je ne laisserais pas mes collègues dans le trouble», explique Mme St-Martin.