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Chirurgies: l'attente est en forte hausse

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Le nombre de Québécois qui attendent depuis plus d’un an pour une chirurgie a presque quadruplé dans la province depuis le début de la pandémie.

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Selon les plus récentes données disponibles, plus de 12 000 personnes patientaient depuis plus d’un an pour une chirurgie élective. Elles étaient environ 3700 en mars 2020, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). 

Dans certaines régions, le nombre de chirurgies hors délais a explosé. 

  • Écoutez l'entrevue avec le Dr Michel R. Pâquet, néphrologue au CHUM, sur QUB radio

Dans les Laurentides, on est passé de près de 100 à plus de 800 malades en attente. À Montréal, on compte plus de 5000 patients en attente depuis plus d’un an.

Il s’agit de chirurgies non urgentes pour la hanche, le genou, les cataractes ou bariatriques, par exemple. 

Des années à rattraper

« Ça va prendre des années pour résorber [ces retards] », craint le chirurgien orthopédique Robert Turcotte. Le médecin spécialiste estime que, pour la majorité des patients en attente, leur état se sera aggravé lorsqu’ils passeront enfin sous le bistouri. 

« Plus on retarde votre opération, plus la récupération sera longue et compliquée », souligne le Dr Turcotte. 

Par courriel, le ministère de la Santé et des Services sociaux souligne que les décisions sont prises par établissement. 

« Les chirurgies oncologiques et cardiaques sont prioritaires. Néanmoins, certaines chirurgies électives non urgentes [p. ex. orthopédiques, urologiques] sont délestées, mais aussi certaines chirurgies oncologiques ou cardiaques semi-urgentes. »

La situation est de plus en plus critique en raison de l’augmentation des patients hospitalisés en lien avec le coronavirus. 

Perdre des patients

« On est en train de déshabiller Pierre pour habiller Paul. On va perdre du monde », déplore Paul Brunet, du Conseil de protection des malades. 

Ce dernier ne comprend pas pourquoi le gouvernement ne conclut pas des ententes avec des centres privés comme le Centre métropolitain de chirurgie. 

« Pourquoi on ne demande pas à ces cliniques de faire certaines interventions ? », demande-t-il, en rappelant que le Québec est en crise.

Il rappelle que les établissements peuvent conclure des ententes, comme c’est notamment le cas avec le Centre de chirurgie Rockland MD.

« On va avoir des morts sur la conscience. C’est une autre bombe à retardement », conclut-il à propos de la baisse des chirurgies.