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Le Port reporte le début de la construction de Laurentia

Le Port reporte le début de la construction de Laurentia
Photo courtoisie Hutchison Ports

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Le Port de Québec renonce à entamer la construction de son terminal de conteneurs Laurentia en 2021 et annonce qu’avec le délai de trois mois demandé à l’Agence fédérale, on vise maintenant 2022.  

Le président-directeur général de l’Administration portuaire de Québec (APQ), Mario Girard, en a fait la confirmation mardi matin lors d’une conférence de presse sur le bilan des activités du Port en 2020.  

«On oublie 2021 comme année de construction», a annoncé M. Girard. «On va écouter les gens [...] pour être capable de redémarrer le début de la construction en 2022.»  

C’est que l’APQ a demandé un délai de trois mois à l’Agence d’évaluation d’impact du Canada pour la remise du rapport final sur les impacts environnementaux du projet.   

Ainsi, le premier trimestre de 2021 servira à rencontrer les citoyens et à prendre connaissance des 109 mémoires déposés par la communauté afin de répondre aux nombreuses interrogations soulevées par l’Agence. Celle-ci, dans son rapport préliminaire, s’était inquiétée des impacts environnementaux négatifs de Laurentia.   

À l’origine, le Port devait démarrer ses appels d’offres au début 2021 pour la réalisation du projet autour de l’automne 2021. Mais «on a renoncé» à cet échéancier, à la lumière des conclusions préliminaires de l’Agence, et du tollé qu’elles ont provoqué dans la communauté, a soumis M. Girard.  

«On se voyait très mal sortir un appel d’offres au moment où les conclusions du rapport ont provoqué une panique dans la communauté de Limoilou», a indiqué M. Girard. 

55 M$ pour Contrecoeur

Par ailleurs, l’annonce du Port de Québec survient au moment où le gouvernement annonce une aide de 55 M$ pour le démarrage du projet de terminal de conteneurs du Port de Montréal, à Contrecoeur.  

Loin de considérer qu’il s’agit d’un recul pour Laurentia, le PDG s’est réjoui de cette aide et a répété que selon lui, les projets ne sont pas en concurrence. Ils sont selon M. Girard «complémentaires» et ne visent pas les mêmes marchés. 

À Montréal, le nouveau PDG du Port, Martin Imbleau, n’a pas voulu commenter l’avancement du projet Laurentia, mais a affirmé que «c’est le marché qui dicte le développement des infrastructures».   

Outre la participation financière du Québec, le Port de Montréal compte aussi sur un «investissement majeur de 300 millions $» du gouvernement fédéral qui a déjà été consenti par l’entremise de la Banque d’investissement du Canada. Contrecoeur est lui aussi soumis à l’évaluation de l’Agence environnementale, et attend les dernières confirmations de ce côté. «On est très heureux d’avoir les deux paliers de gouvernement dans cette grande aventure», a commenté M. Imbleau. 

Du côté de Québec, la participation fédérale est toujours incertaine. Le gouvernement Trudeau attend les conclusions de l’Agence avant de se commettre.  

Le choc des croisières 

L’année qui s’achève au Port de Québec a été «pas mauvaise», malgré la pandémie, a relaté Mario Girard. Les croisières ont bien sûr été absentes totalement, ce qui a causé un «véritable choc» et a privé le Port de la venue de 50 000 croisiéristes et membres d’équipage. Le Port a aussi connu un «léger recul» dans la quantité de marchandise, avec 27 millions de tonnes, contre 29 l’année précédente. Cela est attribuable au ralentissement économique, particulièrement au secteur des hydrocarbures. La demande de carburant pour les avions a en effet connu une baisse marquée. 

Le vrac solide agroalimentaire a quant à lui progressé de 54 %, et a «compensé pour les baisses dans certains secteurs». 

En matière d’investissements, 125 millions $ ont été injectés, dont la moitié dans le terminal céréalier et 40 millions $ pour la restauration des infrastructures portuaires. Ce qui fait dire au PDG que «le Port a contribué significativement avec ses investissements à réduire l’impact négatif du ralentissement économique de la pandémie à Québec».