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Les jeunes sont la clé

Pratique du Canadien
Photo Ben Pelosse Pour que le Canadien domine, Nick Suzuki devra connaître une grosse saison.

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Le Canadien fait maintenant partie des 10 meilleures équipes de la LNH, du moins sur papier, et la première étoile de la pandémie, côté hockey, va au directeur général, Marc Bergevin. Gagner la coupe Stanley est maintenant envisageable à condition que les jeunes talents du CH passent au niveau supérieur. 

La progression des jeunes dictera en grande partie le destin du Tricolore. Des jeunes qui poussent, c’est la marque des équipes championnes. Bergevin a colmaté les brèches en plus d’ajouter du poids et de l’expérience avec l’acquisition des attaquants Josh Anderson, Tyler Toffoli, Corey Perry et Michael Frolik, ainsi que du robuste défenseur Joel Edmunson et du gardien Jake Allen. Tout ça en ne cédant que Max Domi. 

On sait à quoi s’attendre des Carey Price, Shea Weber, Jeff Petry, Ben Chiarot, Brendan Gallagher, Phillip Danault, Tomas Tatar et autres vétérans. La variable inconnue demeure le niveau de jeu des jeunes Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi, Alexander
Romanov et... Jonathan Drouin. 

Bon, à 25 ans, Drouin ne sort pas du junior, mais on attend toujours la pleine éclosion de son immense talent. On le croyait « arrivé » en début de saison l’an dernier, mais les blessures ont tout changé. 

Quel Drouin verra-t-on ? 

Difficile de prévoir quel Jonathan Drouin on verra cette saison, mais, s’il passe à la vitesse supérieure, Claude Julien sera le premier à s’en réjouir. Quant à Suzuki, il sera une vedette, en espérant qu’il ne soit pas victime de la guigne de la deuxième année.  

Kotkaniemi a montré de belles choses aux séries éliminatoires après avoir été rétrogradé au Rocket de Laval, et Alexander Romanov
ne devrait pas tarder à devenir un
des quatre meilleurs défenseurs du CH. 

Bref, si les Drouin, Suzuki,
Kotkaniemi et Romanov connaissent une bonne saison, on peut s’attendre à ce que le Canadien soit parmi les meilleures formations de la LNH,
sans compter que Jake Allen devrait récolter sa part de victoires.  

Une première pour Price 

Pour la première fois depuis des lunes, Price peut miser sur un adjoint de premier plan et ça lui sera bénéfique, d’autant plus qu’Allen est un vrai gars d’équipe. En jouant deux matchs sur trois, Price devrait être à son meilleur. 

Price pourra enfin aborder les matchs sans la pression d’être la première étoile pour espérer gagner. Il pourra gagner quelques matchs avec des pointages de 4 à 3 ou 5 à 4, plutôt que de perdre 3 à 2 ou 4 à 3. Il jouera plus souvent avec l’avance plutôt que de se dire que le prochain but confirmerait une défaite. Il pourra profiter de journées de repos en sachant qu’Allen peut faire gagner l’équipe. Mentalement, ce sera plus facile pour lui. 

Créer une chimie rapidement 

Ma principale inquiétude en début de saison est un beau problème. Parfois, lorsqu’une équipe apporte beaucoup de changements, ça prend un certain temps avant que la chimie ne s’installe. Tous devront apprendre rapidement à travailler ensemble, surtout dans une saison écourtée à
56 matchs. Un mauvais départ ajouterait énormément de pression en raison des attentes accrues. 

Entamer une saison avec six matchs à l’étranger n’est pas la situation idéale, mais, au moins, ce ne seront pas les foules locales qui intimideront les joueurs en cette période de pandémie. 

Nous vivons actuellement dans un monde différent, mais il y a une nouvelle réalité chez le Canadien. Habituellement, les joueurs disaient espérer se qualifier pour les séries éliminatoires et qu’une fois qualifiés, tout était possible. Ils n’y croyaient pas vraiment, mais là, nous sommes ailleurs.  

Les joueurs savent qu’ils doivent participer aux séries et qu’enfin, ils ont une chance de gagner. Je sens qu’ils y croient et c’est rafraîchissant. Ça promet, et tout ça dans une division canadienne. Toute une saison en perspective et une chose est certaine, ça va mettre du piquant dans nos vies. Profitons-en.

– Propos recueillis par Gilles Moffet 

Entrefilets  

Déçu du dossier Danault 

Pratique du Canadien
Photo Ben Pelosse

Malgré le beau travail de Marc Bergevin, je suis très déçu du dossier de Phillip Danault. Voilà un gars qui se dévoue corps et âme pour le Canadien depuis plus de cinq ans et il n’a pas reçu le contrat qu’il mérite. Peu importe qui est le directeur général à Montréal, la mentalité est toujours la même. On offre des renouvellements de contrat automatiques à bien des joueurs, mais, lorsque c’est un Québécois, on semble se dire qu’il est heureux de jouer à Montréal et on tente de l’obtenir au rabais. Résultat, Danault pourrait devenir joueur autonome au terme de la saison.  

Pression sur Bergevin et Julien 

Pratique du Canadien
Photo Ben Pelosse

Marc Bergevin a misé tous ses jetons et sa situation me fait penser à celle de Dale Tallon l’an dernier avec les Panthers de la Floride. Dans son cas, ça passe ou ça casse. Cette fois, ça prend des résultats et son entraîneur, Claude Julien, devra être à la hauteur. Tallon avait joué le tout pour le tout en allant chercher le gardien Sergei Bobrovsky et l’entraîneur Joel Quenneville, et ça n’a pas fonctionné. Parlant des Panthers, Anthony Duclair a une belle occasion de prouver sa valeur et d’obtenir un meilleur contrat la saison prochaine. 

Retraite surprise 

Pratique du Canadien
Photo AFP

L’annonce de la retraite de Corey Crawford m’a pris par surprise. Je m’attendais à ce qu’il soit le premier gardien des Devils du New Jersey cette saison, mais il ne se sentait plus capable de continuer. Laisser deux années de contrat sur la table est tout à son honneur et il ne voulait pas jouer pour les mauvaises raisons. Il ne l’a pas eu facile à ses débuts, mais il a connu toute une carrière, gagnant deux coupes Stanley. Au moins, il aura joué toute sa carrière avec les Blackhawks, l’équipe qui l’a repêché. C’est devenu très rare de voir ça.