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On prend une semaine de relâche?

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo Agence QMI, Joël Lemay Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

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Aujourd’hui, l’existence de la semaine de relâche – être ou ne pas être – a été remise en question. Alors que les enfants sont de retour sur les bancs d’école, «des voix s’élèvent afin de considérer une annulation exceptionnelle de la semaine de relâche cette année».

Pouvons-nous permettre à nos enfants et au personnel scolaire de prendre une «relâche» cette année?

La réponse à cette question appartient aux élèves et à leurs enseignants. Je serais également curieux d’entendre les grandes oubliées de cette pandémie: les éducatrices en service de garde.

Mais la réponse n’appartient sûrement pas au ministre de l’Éducation.

Syndicat

Certains s’inquiètent de la réponse syndicale. Pour tout vous dire, je les trouve bien tranquilles les syndicats depuis la rentrée.

Pour votre information, dans l’entente nationale, notre contrat de travail est du 1er septembre au 30 juin. Nous rentrons cinq jours plus tôt dans l’optique de nous permettre une «relâche» en mars.

Dans le contexte actuel, il peut être intéressant de donner toute la flexibilité possible aux équipes sur le terrain afin de faire les bons choix. En termes clairs, pour le gouvernement, ça signifie de délier les cordons de la bourse. Point final.

Si des dollars sont disponibles pour payer ce temps supplémentaire, si des enseignants veulent bien travailler et si les équipes-écoles considèrent qu’il s’agit d’une bonne idée d’enseigner à certains élèves (qui le veulent aussi!) ... Alors, oui, on pourrait se permettre d’ouvrir des classes, selon les besoins, dans divers milieux.

Savoirs essentiels

D’autres s’inquiètent des savoirs essentiels. Depuis la conférence de presse du ministre Roberge, j’ai entendu et lu plusieurs choses en lien avec ces fameux savoirs essentiels.

Un savoir essentiel ne désigne pas une matière en particulier. Chacune des matières à l’horaire comporte des savoirs essentiels qui lui sont propres. Ce travail d’identification des savoirs essentiels a déjà été fait – dès la rentrée – par les écoles et/ou les services éducatifs des centres de services scolaires.

Il reste maintenant au ministère à faire son travail pour les matières à sanction. Dans le milieu scolaire, on appelle ça le décalage horaire du ministère. On a souvent l’impression que le bureau-chef est à Sydney. Pas en Nouvelle-Écosse. En Australie.

Le spectre de mars 2020

Je sais que plusieurs s’inquiètent de la possibilité de voyager pendant la semaine de relâche. Pour le Sud, il faudrait demander à Justin.

J’ai aussi entendu le commentaire préféré de ceux qui font beaucoup trop d’écrans récréatifs: «y’a rien à faire avec les mesures sanitaires». Je vous répondrai qu’au Nord, il nous reste tous les sports d’hiver, la lecture, les jeux de société, le bénévolat, etc. (et plusieurs ados ont un emploi à temps partiel).

On parle d’occuper sainement nos enfants pendant cinq jours. Pas d’organiser une expédition de deux mois en Afrique subsaharienne. Ce répit peut être salutaire pour plusieurs individus. Jeunes ou moins jeunes...

Couper des cours?

Enfin, certains proposent de couper des cours dans la grille-matières des élèves afin de favoriser les matières de base. Une fausse bonne idée.

De par le nombre d’heures de cours à l’horaire, les élèves font déjà beaucoup de français, d’anglais et de mathématiques. Mes collègues des autres matières enseignent des contenus tout aussi importants. Tout ce beau monde se concentre déjà sur les savoirs essentiels de sa matière. Une vision «utilitariste» compte tenu des circonstances.

À voir ce qui se passe actuellement, ici et ailleurs, il va sans dire que la formation «globale» d’un individu s’avère, plus que jamais, un incontournable. Vivement une formation humaniste pour un avenir meilleur.

Bonne nouvelle

Somme toute, le débat autour de la semaine de relâche est une bonne nouvelle. Il révèle notre inquiétude envers, entre autres, les élèves en difficulté.

D’ailleurs, il serait grand temps, comme société, de réfléchir et d’agir pour le bien de nos jeunes. Pas juste pour cette année. Pour le futur.

Pour reprendre les mots de Stéphane Allaire, professeur à l’UQAC, que signifie «être en difficulté»? En difficulté par rapport à qui? Par rapport à quoi? Selon quels délais? En considérant quelles ressources à ma disposition ou non? (Je vous invite à lire son texte)

Une chose est certaine, les apprentissages nécessitent du temps et de l’effort. Avec l’aide de ses intervenants, le jeune doit se responsabiliser, se motiver et s'engager dans sa réussite en faisant «son travail d’élève».

Apprendre est un marathon, pas un sprint.