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Pourquoi il faut annuler la semaine de relâche

Jean Francois Roberge ecoles
Photo d’archives, Simon Clark

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Avons-nous le luxe de prendre une semaine de « relâche » cette année dans notre système scolaire ?

J’en doute. Il faudrait donc l’annuler, exceptionnellement.

On a tellement perdu de temps à l’école depuis un an en raison de cette satanée pandémie. Les élèves en difficulté le sont encore plus que jamais ; syndicats, oppositions, gouvernement s’en inquiètent ouvertement.

On reporte des évaluations, on en annule d’autres, faute de temps. Il faudra bientôt identifier des « savoirs essentiels » à enseigner en priorité. On pense au français et aux mathématiques. Et que soit reporté à plus tard l’enseignement des contenus d’« univers social » et autres « éthique et culture religieuse ».

Congé apprécié

Certes, ces congés de fin-février début mars sont extrêmement appréciés. Au Québec, cette pratique a été adoptée à la fin des années 1970. On avait constaté d’importantes hausses d’absentéisme à ce moment de l’année.

Le premier à avoir proposé cette pause, Fernand Paradis, qui dirigeait une commission scolaire à Québec, s’était inspiré d’un congé similaire en France. Des march breaks et autres spring breaks existaient aussi aux États-Unis et au Canada.

S’arrêter une semaine, pratiquer des sports d’hiver ou aller au soleil, permet de combattre une fatigue hivernale affligeant autant les élèves que les enseignants.

On me fera remarquer que cette fatigue sera d’autant plus grande en cette année pandémique. Peut-être.

C’est l’avis du ministre Jean-François Roberge, de Véronique Hivon, critique péquiste en matière d’éducation, et de plusieurs parents. Le ministre n’a tout de même pas fermé la porte à une annulation hier, soutenant que, « pour l’instant », ce n’était pas sur la table.

Mais que faire pendant la relâche cette année si, comme on peut le prévoir, les mesures sanitaires sont toujours en place ? Ni rassemblements familiaux, ni musée, ni cinéma. Voyage dans le sud ? Pas une bonne idée !

Encore plus de coconnage, alors ? Or, il ne faut pas sous-estimer cette autre fatigue de l’enfermement chez soi, entre soi, pour les élèves et les parents. L’école, dans le contexte, est un exutoire.

Socialiser

Après tout, comme le rappelait François Legault hier, au début de la pandémie, les élèves ont raté des semaines entières d’école. Le ministre Roberge avait même qualifié les premières de « congé ».

En insistant pour dire qu’il assumait son choix de garder les écoles ouvertes actuellement (alors que l’Ontario, entre autres, a opté pour la fermeture), le premier ministre a souligné à quel point il avait trouvé réjouissant, hier, de voir les élèves heureux de retrouver leurs amis pour une première fois depuis le 17 décembre.

Une semaine de plus de cette « socialisation », à la fin de l’hiver, pourrait donc aider.

Bien sûr, les syndicats d’enseignants refuseront l’idée d’une annulation, invoquant leurs conventions collectives. Mais bon, soyons flexibles en ces temps de crise. On me dira aussi que cette semaine à elle seule ne pourra combler les retards.

Mon sentiment est qu’il faut, comme dans le combat contre la COVID, additionner les mesures. Et l’annulation de la relâche, doublée des tutorats, entre autres, pourrait aider à faire reculer cet autre virus délétère, celui de l’ignorance.