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Que nous réserve l’après-COVID?

CHSLD Sainte-Dorothée
Photo d'archives, Ben Pelosse On ne pourra pas se contenter de retourner tranquillement dans notre petit chacun pour soi. Si on le fait, les générations à venir en paieront lourdement le prix.

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Réfléchir déjà à l’après-COVID ? En pleine deuxième vague plus forte que jamais ? En plein couvre-feu ? Eh oui ! Il le faut, parce que le jour béni où cette pandémie prendra fin, notre réflexe, bien humain, sera de nous replonger avec hâte dans nos vies de l’« avant ». 

Comme individu, ça se comprendrait. Comme société, ce serait une grave erreur. La raison ? Même dans les États les plus riches, la pandémie nous a jeté nos quatre vérités en plein visage. Au Québec, tout particulièrement, le vernis de notre belle « social-démocratie » a craqué de partout. 

Héritée de la Révolution tranquille, la vérité est qu’elle s’était déjà étiolée bien avant. Au fil des 25 dernières années, à force de compressions à l’aveugle, la déshumanisation de nos services publics s’est installée sans crier gare. Face à la COVID-19, ça nous rattrape à vitesse grand V. 

Sous le dogme quasi religieux du « déficit zéro », tous partis confondus, la hache des coupes budgétaires s’est toujours abattue plus brutalement sur nos écoles publiques, notre système de santé et nos services sociaux. 

Échec

Ce faisant, nos dirigeants ont grandement affaibli les trois principaux piliers de notre société, que l’on avait voulue tellement plus juste et solidaire. La pandémie nous le confirme, mais s’en souviendra-t-on dans l’après-COVID ?

Cet échec collectif, politique et social est indéniable. En 10 mois seulement, près de 9000 Québécoises et Québécois sont morts de la COVID-19. Souvent seuls et dans des conditions atroces. C’est trois fois le nombre de morts dans la chute des deux tours du World Trade Center.

Le canari dans notre mine collective, il est là. Au Québec, ça fait des années que les personnes vulnérables – âgées, handicapées, pauvres, etc. – ont de moins en moins accès à des services publics de qualité. 

On les a parquées dans des ghettos de béton. Des jolis pour les moins pauvres, et des vétustes pour les moins nantis. Les gouvernements ont aussi privatisé tout ce qu’ils pouvaient : agences d’infirmières et de préposés, ressources d’hébergement, etc. 

Le 3 octobre 2022

Combinées aux « réformes » Couillard-Barrette, les compressions répétées du dernier quart de siècle ont fini par détricoter la solidarité sociale dont nous étions si fiers. Sans même que l’on s’en rende compte. Du moins, jusqu’à ce qu’une pandémie mondiale nous frappe ici, aussi.

Alors, l’après ? Parce que ces enjeux sont sérieux – et bien d’autres encore –, on ne pourra pas se contenter de retourner tranquillement dans notre petit ronron du chacun pour soi. Si on le fait, les générations à venir en paieront lourdement le prix. 

De nos partis politiques, il faudra donc exiger mieux. Au-delà des promesses clientélistes et des sondages, comme citoyens et comme société, sur quelles valeurs voulons-nous vraiment qu’ils se basent pour créer leurs plateformes ?

Que veut-on qu’ils nous proposent, concrètement ? Aurons-nous le courage d’exiger des politiques publiques novatrices et nettement plus humanistes ?  

Cette courte chronique, on devrait peut-être se la conserver. Et pourquoi pas la ressortir dans les mois précédant le prochain scrutin du 3 octobre 2022. 

Au sortir de cette crise magistralement révélatrice du travail colossal de reconstruction sociale et politique qui nous attend, la démocratie, c’est en « présentiel » que nous devrons la vivre. Ensemble.