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Sa greffe du rein encore reportée

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Martin Riopel attend depuis des mois sa greffe du rein, sans cesse repoussée depuis le début de la pandémie, et le délestage qui s’intensifie dans les hôpitaux en raison de la flambée des cas de COVID-19 le préoccupe au plus haut point.

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«Ce n’est pas évident. Ma vie est complètement chambardée, je ne travaille plus. Ma conjointe travaille à l’urgence d’un centre hospitalier, elle passe ses journées là-dedans et arrive ici avec un grand corps malade sur le divan. J’aimerais faire plus d’activités avec ma fille de 15 ans, mais je suis tout le temps brûlé», a-t-il ainsi raconté en entrevue à TVA Nouvelles.

L’homme de la Montérégie de 52 ans était policier militaire quand son état de santé a commencé à se dégrader, il y a deux ans. M. Riopel doit maintenant se plier à des traitements d’hémodialyse trois fois par semaine. Sa greffe devait avoir lieu en mars 2020.

Si les greffes provenant de donneurs cadavériques et les greffes pédiatriques sont maintenues dans les hôpitaux de la province, certaines greffes provenant de donneurs vivants, comme celle qu’attend Martin Riopel, sont reportées.

«Mon frère va me donner un rein. Ce n’est pas une petite décision, et chaque fois, je dois lui dire: “Denis, c’est annulé”», s’est-il désolé.

Des analyses ont déjà retardé la greffe de Martin Riopel cet été, alors qu’un cancer était suspecté. La greffe devait finalement avoir lieu au cours des prochains jours dans un centre hospitalier de Sherbrooke, mais elle a encore été reportée.

Martin Riopel encaisse durement la nouvelle, mais tient bon. Il a aussi une pensée pour les travailleurs de la santé au front depuis le début de la pandémie.

«Quand je vais à l’hôpital, je me dis que ça ne tiendra pas, que ça va péter. Le personnel est brûlé, court comme des poules pas de tête, ce n’est vraiment pas facile. Si vous pensez que c’est un complot [la COVID], faites preuve de respect pour ceux qui travaillent dans le système de santé et les malades qui attendent des greffes», a imploré Martin Riopel.

Environ 300 greffes du rein ont eu lieu en 2019 au Québec, dont 42 provenaient de donneurs vivants.