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Trump a aussi contaminé le Québec

GEN - MANIFESTATION DES ANTIMASQUES
Photo d’archives, le journal de montréal Trump, un modèle pour l’extrême droite québécoise

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Donald Trump a répandu sa parole séditieuse, raciste et iconoclaste sur une frange du Québec aussi agitée qu’inquiétante.

Ces convertis au trumpisme se sont nourris durant tout le mandat du président américain des écrits de sa base la plus extrémiste, celle-là même qui a envahi le temple sacré qu’est le Capitole et qui a commis là les dégradations que l’on sait.

Depuis quatre ans, nombre de chroniqueurs au Québec ont été bombardés de cette littérature haineuse, négationniste, anti-immigration et complotiste venant de tous les coins du Québec.

Radicalisation

Comme tous les nouveaux convertis, leur zèle et leur admiration à l’endroit de Trump ne se sont pas démentis. Leur solidarité s’est construite de mois en mois. Leur discours s’est aussi radicalisé et unifié. Sont apparus des porte-voix tonitruants du monde du showbiz (comme Lucie Laurier), des enseignants, des policiers et des intellectuels, au premier chef Alexis Cossette-Trudel, docteur en études religieuses. Comme par hasard.

À ma stupéfaction, j’ai vu dans mon entourage des personnes se transformer peu à peu en croisés et répéter mot à mot les paroles ambivalentes de Donald le prêcheur, à sa manière. Ces gens ont adhéré sans effort aux thèses conspirationnistes et ont avalé les « fake news » émanant de la Maison-Blanche. Certains n’ont pas résisté à croire aux délires de QAnon, selon lesquels les démocrates américains mais aussi des libéraux canadiens seraient des pédophiles sataniques.

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Quelques jours avant l’élection présidentielle, NBC a publié un sondage éclairant sur les républicains. Trente-huit pour cent des répondants ont déclaré qu’ils voteraient pour Trump parce qu’ils étaient républicains, alors que 54 % se définissaient non pas comme républicains, mais comme partisans de Donald Trump. Ce sondage annonce aux États-Unis un avenir incertain pour le parti républicain.

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Voix dangereuse

Donald Trump a donc réussi à offrir à tous ces courants de l’extrême droite populiste une voix redoutable dont on peut penser qu’elle ne va pas s’éteindre après le 20 janvier. Et, sans aucun doute, le mandat de Joe Biden risque d’être perturbé par ces énergumènes tonitruants et dangereux qui représentent des dizaines de millions d’Américains.

Au Québec, les adeptes du trumpisme se sont fait connaître dans toutes les manifestations antimasque, antivaccin et anti-couvre-feu. On estime à 20 % environ ces militants qui dénoncent l’État, qui doutent de l’existence de la COVID-19 et qui croient défendre la liberté qu’ils réduisent à leurs humeurs, à leurs perceptions, à leurs affabulations à propos de la 5G et à leurs élucubrations au sujet d’un complot mondial visant à les transformer en esclaves robotisés. 

Une fois la pandémie vaincue, on doute qu’ils aient envie de retourner à l’anonymat le plus complet. Il est clair qu’aucun parti actuel au Québec ne répond à leurs aspirations. Mais leur présence affirmée dans des manifestations diverses, leurs activités effrénées sur les réseaux sociaux et leur rejet des institutions politiques qui nous encadrent en feront des agitateurs permanents. Ce sont à l’évidence des héritiers du trumpisme populiste. Donald Trump sera parvenu à empoisonner la vie démocratique même chez nous.