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Des éducatrices abandonnent la profession

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Le travail des éducatrices en centre de la petite enfance a bien changé depuis le début de la pandémie. Leur tâche s'est tellement alourdie que des éducatrices abandonnent le navire.

«On avait déjà une pénurie de main-d'œuvre avant la COVID-19, mais là, la pandémie a exacerbé le problème. [...] Et il y a eu des départs, chose qu'on ne voyait pas dans notre réseau», a souligné mercredi la directrice de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), Geneviève Bélisle.

Le travail des éducatrices s'est accru durant la pandémie en raison des protocoles de désinfection, des procédures d'accueil des parents, sans compter le port d'équipement de protection individuelle. Selon l'AQCPE, les salaires et la fatigue accumulée sont aussi des facteurs qui poussent les éducatrices à plier bagage.

«La pénurie de main-d'œuvre combinée au départ des gens vulnérables, ç'a mis une pression sur les gens qui restaient. C'est devenu difficile d'avoir des vacances quand on veut, il y a aussi la fatigue qui s'accumule alors c'est devenu alléchant d'aller ailleurs», a précisé Mme Bélisle.

Selon l'AQCPE, ces départs touchent davantage les régions éloignées où le taux de chômage est bas.

Au ministère de la Famille, on est très conscient de l'ampleur du problème.

«C'est clair qu'on a un problème. On a une pénurie de personnel qualifié, mais on a aussi une pénurie de personnel tout court dont on a besoin demain matin surtout dans le contexte de la pandémie», a spécifié le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

Selon les projections du gouvernement, le Québec aura besoin de plus de 10 000 éducatrices formées d'ici 2024.

Pour pallier le problème, le ministère de la Famille a regroupé toutes les offres d'emploi du réseau au même endroit sur le site du ministère du Travail, «Je travaille!».

«Il y a donc des agents d'Emploi-Québec qui utilisent leur banque de personnes sans emploi et qui vont tenter de faire des «matchs», c'est un peu le «Tinder» de l'éducation à la petite enfance», a spécifié le ministre.

En décembre, 1300 postes étaient affichés sur cette plateforme et, à l'heure actuelle, on en dénombre 1075. Selon le ministre, l'initiative a donc déjà commencé à porter ses fruits.