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Claude Julien en santé et prêt pour le gros défi

Pratique du Canadien
Photo Ben Pelosse Claude Julien affiche une belle confiance à l’aube de sa 18e saison comme entraîneur dans la LNH.

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Claude Julien est de retour dans la ville où il a terminé sa dernière saison dans un hôpital. Le visage aminci et le corps plus svelte à la suite de l’épisode cardiaque qu’il a vécu en août dernier, il se sent d’attaque pour sa 18e saison dans la Ligue nationale.

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Son équipe aussi a changé de visage. À la différence qu’elle a pris poids au lieu d’en perdre.

L’entraîneur en chef du Canadien venait d’arriver à Toronto quand on s’est parlé en fin d’après-midi, hier. Il était en verve.

Lui et son patron Marc Bergevin abordent la saison qui commence ce soir avec un optimisme partagé par une grande majorité d’amateurs.

Gare aux déductions faciles !

La semaine dernière, Julien est allé jusqu’à dire qu’il n’y a pas de raison de ne pas penser que son équipe ne peut pas aller jusqu’au bout cette saison. 

Sa déclaration a fait la une du Journal avec une mention disant : À découper et à conserver pour plus tard...

« Attention ! Je n’ai pas dit qu’on va remporter la coupe Stanley », a-t-il rectifié quand je lui ai rappelé sa citation hier.

« Il y a une nuance entre dire qu’on a des chances de remporter la coupe et affirmer qu’on va la gagner. Il y a aura 30 équipes sur 31 qui vont être déçues à la fin de la saison. »

Vraiment bon partout

Personne ne peut nier que le Canadien présente une formation nettement améliorée. Bergevin et Julien ont des attentes élevées.

« On sent qu’on a des forces et de la profondeur », de dire Julien.

Le mot « vraiment » revenait dans chacune des analyses qu’il faisait de son personnel.

« On a vraiment deux bons gardiens », a-t-il affirmé.

« Ça va nous être très utile avec un calendrier de 56 matchs répartis sur 116 jours.

« On a vraiment une grosse défensive. Non seulement est-elle robuste et capable d’être belliqueuse, elle possède la mobilité nécessaire pour transporter la rondelle.

 « À l’attaque, on mise sur quatre trios vraiment compétitifs. On a même de quoi former un bon cinquième trio avec les joueurs expérimentés que sont Corey Perry et Michael Frolik. »

Confiance aux trois jeunes

Si l’arrivée de Josh Anderson, Tyler Toffoli, Joel Edmundson et Jake Allen devrait procurer cette solidité que Bergevin voulait donner à son équipe, on a surtout hâte de voir comment Jesperi Kotkaniemi, Nick Suzuki et Alexander Romanov se débrouilleront. 

Il y a longtemps qu’on a vu trois jeunes joueurs aussi prometteurs dans la formation du Tricolore.

Kotkaniemi a connu une saison en deux temps l’an dernier. Atteint de ce qu’on appelle la guigne de la deuxième année, il tentait de s’en sortir avec le Rocket de Laval lorsque la pandémie a éclaté. Il s’est admirablement bien repris pendant le tournoi de la coupe Stanley.

Quant à Suzuki, il donne l’impression que rien ne viendra le déranger à sa deuxième saison dans la LNH.

« J’ai tendance à être d’accord avec ça », a enchaîné Julien.

« Il y a des joueurs qui dégagent une certaine maturité et une certaine confiance dès leur jeune âge. C’est ce qu’on voit avec Suzuki. Il est plus calme que d’autres joueurs de son âge (21 ans).

« Je ne dis pas qu’il ne connaîtra pas des périodes moins productives. Mais ce n’est pas un gars qui panique. Il est du genre à trouver le moyen pour s’en sortir. Je suis convaincu qu’il ne subira pas le sophomore jinx [guigne de la deuxième année]. »

Pas intimidé, le jeune

L’ancien défenseur qu’était Julien ne tarit pas d’éloges non plus envers Romanov.

« Son comportement est vraiment impressionnant ! » a-t-il lancé.

« Ça se voit qu’il aime jouer au hockey. Il est vraiment allumé et il a confiance dans ses moyens. On l’a fait jouer au sein de notre deuxième unité en supériorité numérique. S’il estime être en meilleure position qu’un vétéran placé de l’autre côté pour tirer au filet, il ne se gêne pas pour le faire. »

Avant de quitter Julien, je lui ai souhaité bonne chance.

« Nos partisans méritent qu’on leur donne une bonne saison », a-t-il répondu.

« Ça fait assez longtemps qu’ils attendent. »

Une bonne saison aurait l’effet d’un baume en ces temps apocalyptiques.

Guhle comparé à Bouwmeester 

Marc Bergevin a passé la journée de lundi à aller prêcher la bonne parole à la télévision et à la radio. Lui aussi était dans une belle forme.

À l’antenne de la radio de TSN, il a touché plusieurs sujets avec l’animateur Tony Marinaro. Il a raconté, notamment, qu’il avait déjà tenté d’obtenir Josh Anderson avant de faire son acquisition en octobre dernier.

Il a parlé aussi du défenseur Kaiden Guhle, premier choix du Canadien au dernier repêchage. Il l’a comparé à Jay Bouwmeester, dont la longue carrière dans la LNH a pris fin soudainement en février dernier en raison d’un malaise cardiaque ressenti durant un match avec les Blues de St. Louis.

Troisième choix de 2002

Repêché au troisième rang du repêchage de 2002 par les Panthers de la Floride, Bouwmeester était un défenseur au style sobre, mais d’une très grande efficacité.

En 17 saisons avec les Panthers, les Flames et les Blues, il a marqué 88 buts et totalisé 424 points en 1240 matchs.

Mesurant 6 pieds 4 pouces et pesant 206 livres, il pouvait être robuste, mais sans tomber dans l’excès. Il a écopé au plus de 79 minutes de pénalité dans une saison.

Guhle, qui fait 6 pieds 2 pouces et 186 livres actuellement, montre des statistiques sensiblement similaires à celles compilées par Bouwmeester, quand ce dernier évoluait dans la Ligue junior de l’Ouest.

Sixième avec Vigneault

La 18e saison de Claude Julien à titre d’entraîneur dans la LNH le place au sixième rang, sur un pied d’égalité, avec son bon ami Alain Vigneault, en termes de longévité parmi ses homologues du circuit.

Joel Quenneville, qui amorce sa 24e saison, vient au premier rang, suivi de Barry Trotz et de Paul Maurice, qui en sont à leur 23e, John Tortorella, pour qui il s’agit d’une 20e saison, et Peter Laviolette, qui vient en cinquième place (19e saison).