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L’armée américaine et les groupes d’extrême droite

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Photo AFP

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Pour peu que vous vous intéressiez à l’histoire des États-Unis, vous savez que les groupes d’extrémistes qui ont attaqué le Capitole la semaine dernière évoluent aux États-Unis depuis trop longtemps déjà.

La rhétorique de Donald Trump, une bonne part de xénophobie et le souvenir douloureux du 11 septembre 2001 contribuent à nous faire parfois oublier que le terrorisme intérieur est la menace la plus risquée à peser sur les États-Unis. Ce n’est pas un phénomène nouveau et il est documenté.

Non seulement les groupes complotistes, les suprémacistes blancs et les tenants de l’extrême droite ont-ils été stimulés par le message de Donald Trump et l’inaction du Parti républicain, mais ils sont passés à l’acte et les incidents du 6 janvier ne constituent qu’un volet de leurs activités.

Mardi, le site POLITICO rappelait une réalité préoccupante qu’on ne devrait pas sous-estimer. Parmi les membres des forces armées américaines, on retrouve un nombre non négligeable d’adeptes de l’extrême droite, et ce, à tous les échelons. Le phénomène n’est pas nouveau, mais on craint que les autorités aient perdu le contrôle et on les presse d’agir rapidement et vigoureusement.

Déjà lundi de cette semaine, l’armée sévissait contre un jeune officier qui avait partagé une vidéo avec trois millions de ses abonnés sur TikTok. Dans cette vidéo, il blaguait au sujet des camps de concentration et de l’extermination des Juifs.

Ce qui devait être un cas isolé ne serait que la pointe de l’iceberg. Un sondage présenté par le site Military News en 2020 révèle que plus du tiers des membres des Forces armées avaient été témoin de manifestations de suprémacistes blancs ou d’extrémistes de droite au sein des troupes.

J’ai encore en mémoire que de jeunes officiers de West Point et d’Annapolis ont été pointés du doigt en 2019 pour avoir communiqué à l’aide de signaux propres aux suprémacistes blancs lors de cérémonies officielles. On s’approche dangereusement du sommet lorsque la relève est pourrie par des idéologies et des comportements condamnables.

Si vous aviez encore besoin d’être convaincus du sérieux des événements du 6 janvier ou de ce qui se déroule cette semaine au congrès, j’ai pensé que ce billet pourrait contribuer à la réflexion.

Je rappelle en terminant que si sa nomination est confirmée par le sénat, Lloyd Austin deviendra le premier secrétaire à la Défense noir. Il s’agit d’un symbole fort et d’une nomination qui s’est fait attendre trop longtemps.

Vous conviendrez probablement avec moi qu’on ne peut cependant se limiter à des symboles, aussi forts soient-ils, il faut éradiquer ce mal qui ne ronge pas que les troupes, mais une partie de la société américaine. 

La procédure de destitution qu’on enclenche aujourd’hui et le départ éventuel de Donald Trump, peu importe quand ou comment, ne suffisent pas. Il faut une condamnation nette de toute la classe politique et il faut qu’on appuie totalement les enquêtes en cours pour faire la lumière sur les événements.