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Les victimes collatérales des covidiots

Couvre-feu
Photo le journal de montréal, Audré Kieffer Les familles de certains contrevenants au couvre-feu vont souffrir des amendes.

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Le couvre-feu semble avoir eu l’effet recherché. Le nombre de contacts dus à des activités non essentielles devrait enfin être réduit considérablement. Il faut se croiser les doigts pour que ses effets sur la propagation de la COVID soient majeurs et rapides.

C’est néanmoins une mesure forte, voire radicale. On saisit bien l’ampleur de la privation de liberté qui y est associée. Si l’immense majorité des gens se plie à cette directive (sans être tous à 100 % d’accord), la minorité qui regimbe offre des spectacles peu glorieux

Une femme promène son ami en laisse, d’autres font des « manifestations » avec une poignée de personnes, un autre conduit saoul pendant le couvre-feu. Entre mauvaise foi, humour nul et détresse personnelle, on hésite à les situer.

La colère et l’impatience sont les premières réactions de la majorité qui fait des sacrifices. Des adultes responsables doivent assumer leurs gestes. Je me permettrai néanmoins quelques nuances et réflexions. Les temps sont durs et un certain nombre de ceux qui défient les règles ne se portent pas à merveille.

Prisonniers

Parmi les plus révoltés, certains sont devenus prisonniers des fausses nouvelles et des théories du complot. À ce chapitre, je dois avouer avoir été secoué par le témoignage d’un ex-complotiste invité à Deux filles le matin

Le type est un honnête travailleur de la Mauricie, ni un sauté ni un illuminé. Mais il reconnaît avoir passé quelques années de sa vie obnubilé par les théories complotistes. Des heures chaque soir à lire et à partager les mêmes forums internet propagateurs de thèses fumantes, avec la belle certitude de savoir quelque chose de gros pendant que le reste du monde vit dans l’ignorance.

Un jour, il s’est éveillé à l’absurde de ce monde parallèle et est revenu sur terre. Aujourd’hui, l’homme peine à croire qu’il a gaspillé des années de sa vie dans un marécage pareil. Ce qui frappe lorsqu’il raconte son expérience : la ressemblance avec le vécu des gens qui ont connu l’emprise d’une secte. Victimes de manipulateurs ? Coupables de s’être laissé embarquer ? Un peu des deux ?

Fauchés par les amendes

Les contrevenants au couvre-feu, négligents, rebelles ou égarés, reçoivent des amendes considérables : 1500 $ avec les frais. Ceux qui refusent de payer dans le délai voient leur facture grimper. Les pénalités sont pires encore pour ceux qui récidivent. 

Quelques-uns ont peut-être la capa-cité financière de financer leur spectacle de protestation pseudo-politique. Ils aident à financer nos soins de santé. Mais plusieurs contraventions sont remises à des travailleurs bien ordinaires qui n’ont pas les moyens de payer plusieurs milliers de dollars en amendes. 

Ils ont été bernés par de faux experts sur les réseaux sociaux et pensent pouvoir contester les contraventions. Mais ils vont devoir payer. Des enfants n’auront pas de souliers de soccer le printemps prochain parce que leurs parents ont joué aux militants de la liberté.

Et je ne parle pas de l’atmosphère qui règne dans la maison en présence d’une personne disjonctée. 

Peut-être que dans certains cas, il sera plus payant d’aider que de juger.