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Destituer Trump: urgent... et probable

Destituer Trump: urgent... et probable
Photo AFP

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Chaque jour, de nouvelles révélations aggravent l’impact de l’assaut sur le Capitole, et l’urgence de la destitution du président augmente, comme ses chances de succès.

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Plus on en apprend sur les événements du 6 janvier, plus il devient clair que les choses auraient pu être bien pires. 

Il devient aussi envisageable que les leaders du Parti républicain puissent saisir l’occasion pour destituer le président et crever l’abcès du trumpisme.

De mal en pis

Les insurgés qui criaient « il faut pendre Pence », entre autres menaces, ont envahi les chambres du Congrès quelques instants après le départ des élus, déterminés à prendre... des otages. Qui sait jusqu’où ils auraient pu aller pour celui qui les avait incités à se battre au nom du mensonge qu’il a implanté dans leurs esprits ?

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Non seulement chaque nouvelle révélation amplifie la gravité des gestes de cette meute, mais il devient de plus en plus clair qu’elle répondait directement aux harangues de Trump. 

Le président a lancé hier un appel au calme et à l’unité, mais comment le prendre au sérieux quand on sait qu’au lieu de commander une intervention contre l’insurrection, Trump a passé des heures à la regarder en direct, sourire aux lèvres.

Indéfendable

Les arguments de la défense sont d’une remarquable faiblesse, à commencer par la fiction que ces trumpistes violents étaient des activistes d’extrême gauche déguisés. 

Les apologistes de Trump prétendent qu’il ne faisait qu’exercer son droit de parole et qu’il n’a pas explicitement commandé les actions violentes qui ont suivi son appel au combat. Balivernes. Trump savait que ces hurluberlus étaient armés et qu’ils n’attendaient que son signal pour agir.

Les trumpistes insistent sur le fait que la destitution est inutile puisque sa présidence achève. Ridicule. Imaginez un conducteur ivre qui tenterait de convaincre un policier qu’il ne devrait pas être sanctionné puisqu’il est presque rendu à la maison.

Évidemment, une enquête approfondie aurait été souhaitable avant le vote d’hier, mais on en savait suffisamment pour justifier un procès au Sénat. 

Crever l’abcès

Les défenseurs de Trump saturent les débats de fausses équivalences. 

Par exemple, les groupes violents d’extrême droite appuient explicitement Trump, mais les groupes violents liés à l’extrême gauche n’ont aucune sympathie pour Joe Biden ou son parti.

Hier, dix représentants républicains ont appuyé la mise en accusation du président et de multiples sources confirment que Mitch McConnell, le chef des républicains au Sénat, serait disposé à destituer le président.

McConnell est un fin stratège et s’il a laissé couler ses intentions, c’est qu’il est probablement convaincu qu’il a suffisamment de votes de ses collègues pour que Trump devienne le premier président destitué dans l’histoire américaine. 

Si c’est vrai, cela signifie que les leaders républicains sont déterminés à crever l’abcès qu’est devenu Donald Trump pour leur parti. Reste à voir s’ils parviendront à se débarrasser du mal plus insidieux qu’est le populisme autoritaire de droite qui anime encore une partie significative de son électorat.