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J.E: la mère des fillettes Carpentier s'interroge sur le travail des policiers

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Six mois après la mort de Norah et Romy Carpentier dans des conditions tragiques, la mère des deux fillettes s’interroge sur le travail des policiers dans les premières heures qui ont suivi leur disparition. Amélie Lemieux a demandé à Maxime Roy, son avocat, d’en faire part à l’émission J.E.

L’été dernier, ce drame terrible a secoué le Québec. Les deux jeunes filles ont été assassinées en forêt par leur père, à Saint-Apollinaire. Martin Carpentier s’est ensuite enlevé la vie, emportant avec lui les réponses à de nombreuses questions sur ses motivations et les raisons qui l’ont conduit à commettre ces gestes irréparables.    

«Moi, j’ai confiance en la SQ, explique l’avocat. Ils ont l’expertise et la compétence pour tirer des conclusions de cet événement. Ce n’est pas la Sûreté du Québec qui a tué les deux filles. C’est Martin Carpentier. Alors je ne comprends pas pourquoi la SQ n’est pas plus transparente à dire ceci a fonctionné, ceci n’a pas fonctionné.»   

Le 8 juillet en soirée, Martin Carpentier a fait une embardée avec sa voiture sur l’autoroute 20 à Saint-Apollinaire, près de Québec. Il y avait à bord ses filles, Norah et Romy. Lorsque son véhicule s’est immobilisé, il a quitté les lieux avec ses enfants. 

Le père a marché près de deux kilomètres en forêt où il a assassiné ses filles, selon ce qu’a établi la Sûreté du Québec (SQ). Il a ensuite marché environ 5 kilomètres pieds nus pour atteindre une propriété où il s’est enlevé la vie.    

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Dans les heures qui ont suivi l’embardée, des pompiers de Saint-Apollinaire, des ambulanciers et des policiers ont immédiatement effectué des fouilles dans les environs immédiats de l’auto de Martin Carpentier. Mais à ce moment-là, il n’y a pas eu de grand déploiement en forêt.   

Les policiers ont demandé à Amélie Lemieux si son ex-conjoint pouvait représenter un risque pour ses enfants. Elle leur a répondu qu’à son avis, il ne pouvait pas être dangereux pour Romy et Norah.      

Il y a donc eu des vérifications faites dans les hôpitaux, auprès d compagnies de taxis et de proches de Martin Carpentier.  

«Je ne comprends pas, avec les faits qui étaient présents, comment la Sûreté du Québec peut avoir travaillé sur un scénario qu’ils [Carpentier et ses enfants] étaient en sécurité, qu’ils étaient ailleurs», affirme l’avocat de la mère de Norah et Romy. 

«On ne peut pas faire porter à Amélie Lemieux, qui ne connaissait pas M. Carpentier comme étant quelqu’un de dangereux, la responsabilité d’avoir dit la vérité aux autorités», ajoute Me Roy.   

En entrevue à l’émission J.E, l’avocat pose la question: «N’est-il pas la mission des autorités de prévenir et d’anticiper le pire? Je veux dire qu’on a une voiture accidentée sur le milieu de l’autoroute 20, où devraient se trouver un père et ses deux filles. On peut facilement trouver deux ou trois scénarios inquiétants. Est-ce que ce n’est pas le rôle de la SQ de faire des vérifications pour s’assurer que ce n'est pas le pire qui vient de se produire?» 

«Ici, c’est clair que ça ramène la question. Est-ce que la Sûreté du Québec devrait avoir une unité d’intervention d’urgence pour des événements comme celui-ci? Est-ce qu'une telle unité aurait pu faire la différence? C’est ça qui est difficile [pour] Mme Lemieux. Une question qu’elle va amener dans sa tombe. Est-ce que l'intervention plus rapide aurait pu faire la différence?» conclut l’avocat.     

«Est-ce qu’on a tout fait pour sauver ces enfants-là?» demande la directrice de l’Association des familles de personnes assassinées et disparues (AFPAD) en entrevue à l‘émission J.E

«C’est ça qu’il faut se poser comme question pour en tirer des leçons, affirme Nancy Roy. Les spécialistes nous disent que les premières heures sont cruciales dans les cas de disparition. C’est la même histoire qui se répète à chaque fois. Qu'on pense au jeune Kouakou, à Cédrika Provencher, à Mélissa Blais. C’est la non-intervention rapide des policiers spécialisés et on n'apprend pas.»    

L’AFPAD réclame, depuis plusieurs années, une escouade composée de spécialistes venant de plusieurs corps de police qui aurait le mandat d’intervenir dès qu’il y a une disparition au Québec.   

Réaction de la Sûreté du Québec

«Nous offrons notre entière collaboration au Bureau du Coroner afin qu’il puisse analyser l’ensemble des éléments et évènements qui ont conduit aux opérations policières de recherches, au déclenchement de l’alerte AMBER jusqu’à la conclusion de l’enquête criminelle. Ainsi, le Bureau du Coroner a toute la latitude d’émettre des recommandations que nous apprécierons à la conclusion de son enquête et lors de la réception de son rapport», fait savoir la Sûreté du Québec par voie de communiqué.