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Québec ne doit pas passer à côté

Quebec
Photo Stevens LeBlanc La relance, à Québec, passe par la collaboration, considère Steeve Lavoie, PDG de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

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Québec a plus d’argent que jamais sur la table pour des projets, mais ne doit pas passer à côté de cette opportunité, plaide Steeve Lavoie, grand patron de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, pour qui la relance passe par la collaboration.

«On veut une chambre qui propose et non s’oppose. On veut travailler main dans la main avec les divers paliers gouvernementaux et les autres associations, comme Québec international. On voulait un virage, un travail de collaboration», fait valoir M. Lavoie dans une première entrevue éditoriale, accordée en prévision de l’événement Perspectives économiques et politiques, qui se déroule ce midi.

Issu du milieu de la finance, où il a œuvré pendant 20 ans au service des entreprises, Steeve Lavoie est entré en poste en plein cœur de la pandémie, fin juin 2020. Il espère avoir la chance d’y demeurer longtemps. 

Depuis son arrivée, le PDG s’affaire à rétablir les ponts avec diverses organisations. Il entend se faire rassembleur et redonner une voix à la Chambre de commerce pour les gens d’affaires, «ce qui s’était un peu perdu au cours des dernières années». 

M. Lavoie affirme d’ailleurs que sa grande surprise a été de constater à quel point le travail s’effectuait en silo, ce qui n’est pas souhaitable. 

Bel exemple

Steeve Lavoie voit dans la Chambre de commerce du Montréal métropolitain un très bel exemple de l’impact positif qui ressort d’une telle collaboration entre les partenaires du milieu. «Eux, quand ils sortent, ils sortent tous ensemble, ils ont un poids important et ça fait avancer les choses», lance-t-il.

De la même façon, les projets de Québec ne devraient pas s’opposer, mais s’additionner, estime le PDG. «On se tient serré et on fait avancer les projets.»

Il pense ainsi au réseau de transport structurant de Québec, au projet Laurentia, à la Zone d’innovation Littoral Est ou aux divers projets de l’aéroport. Quant au troisième lien Québec-Lévis, il attend d’en savoir plus, mais se dit ouvert. 

Tout projet doit se faire dans le respect de la population et de l’environnement, précise-t-il. «L’acceptabilité sociale ne peut plus être mise de côté en 2021, mais il ne faut pas passer à côté et le faire ensemble.»

Penser à la relance

Il faudra compter trois ans, selon M. Lavoie, entre la relance et le retour à un train de vie normal. Il faut s’attendre à un nombre élevé de faillites d’ici là, surtout qu’un bon nombre ont été reportées grâce aux mesures prises par les banques et les gouvernements.

Dans le contexte, Québec va devoir en profiter pour créer et se diversifier. Alors que les secteurs professionnels et industriels s’en sont plus que bien tirés en général, les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme vont devoir rebondir. Le problème de pénurie de main-d’œuvre y sera encore plus important.

Justement, a-t-on trop misé, à Québec, sur le tourisme, soumis à rude épreuve par la crise actuelle? «Non, si tu as une force, travaille avec», répond-il, ajoutant qu’on ne peut jamais trop miser sur une force.

Québec va toutefois devoir accélérer son entrée dans le 21e siècle, croit-il, en attirant notamment encore davantage d’investissements privés.