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Régime forestier: le Québec se fait passer un sapin!

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À minuit moins une, on a vu le gouvernement se féliciter d’atteindre sa cible de 17% d’aires protégées pour 2020. Il s’agit d’un beau titre pour la presse, certes, mais au-delà du chiffre avons-nous réellement atteint l'objectif?  

  • Écoutez Richard Desjardins sur QUB radio:

L’objectif primaire des aires protégées est de redonner un souffle à la biodiversité, elle qui est au cœur de notre survie. La biodiversité c’est autant les plantes, les animaux, les forêts, que la diversité génétique qui existe en nous. 

Toutefois, en moins de 50 ans, on a vu 68% des animaux (vertébrés) disparaître à tout jamais. L'effondrement des stocks de morue sur la côte est du Canada, dans les années 90, est un rappel des conséquences de la surexploitation de la nature. Son impact sur la sécurité alimentaire et l'économie régionale est d'ailleurs toujours ressenti aujourd'hui. La science nous dit qu’il faut protéger, au minimum, 30% des écosystèmes sur l’ensemble du territoire. Il faut une répartition généreuse pour adresser l’enjeu. À voir comment avance ce gouvernement, il semble avoir oublié l'objectif. 

Ni les neuf communautés innues du Québec ni les nombreuses communautés vivant dans la zone d’intérêt des grandes forestières n’ont trouvé leur compte dans l’annonce du gouvernement. Les droits ancestraux des premiers n’ont pas été respectés dans la désignation des aires protégées. Les demandes spécifiques en matière d’aires protégées des seconds n’ont pas n’ont plus vu le jour. 

Même en démontrant la volonté publique et malgré une étude exhaustive des multiples bénéfices pour la région, des propositions comme celle du Mont-Kaaikop se voient donner le revers de la main de la part du gouvernement. Pourquoi ces communautés attendent-elles toujours? 

Déjà en 2018, un document interne du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) dévoilait une stratégie visant à freiner la création d’aires protégées dans 11 régions administratives. On est pris avec un gouvernement qui se plie aux volontés des gros industriels. 

Le Ministère des forestières

On parle de forêt publique, mais nul besoin de regarder plus loin que les récents changements au Régime forestier pour comprendre que les intérêts du MFFP ne sont pas ceux de l’ensemble de la population. Seul le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) fut réellement invité à la table de discussion. C’est donc dire que quelques gros industriels parlent en notre nom à tous. On comprend mieux pourquoi le MFFP est surnommé le Ministère des forestières. 

À voir le caribou au bord de sa tombe, à voir des projets de conservation mis de côté et à voir le Ministère s’endetter annuellement pour subventionner l’industrie forestière, son allégeance ne semble pas être avec la population ni la planète d’ailleurs. 

Protéger nos écosystèmes, c’est protéger ce qui nous protège. On parle de garde-manger, de médecine, d’une diversification des économies en région, de lieux de ressourcement et plus encore. Pour vous qui cherchez à protéger la forêt, il faut rester vigilant, car la coupe de toutes forêts privées comme publiques fait désormais partie d’une nouvelle stratégie pour nourrir un modèle d'affaires qui reste insoutenable, écologiquement et économiquement. 

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