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Se remettre à flot après avoir été coulé par le confinement

Coronavirus pandemic waves hit global economics causing company and business to collapse and bankruptcy concept, businessman company owner fall in big ocean wave with Coronavirus COVID-19 pathogen.
Illustration Adobe Stock

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Déjà très endettés avant la pandémie et jonglant avec les cartes de crédit, Monique et Luc ont vu leur situation se dégrader considérablement depuis le printemps dernier.

Même si Luc gagne un bon salaire jusqu’au début de 2020, cela ne suffit pas pour équilibrer les finances familiales. Travailleuse autonome, sa conjointe œuvre dans le domaine de l’entretien ménager et ses revenus fluctuent d’un mois à l’autre. Pour pallier le manque à gagner, ils ont régulièrement recours aux cartes de crédit. 

Or, le confinement du printemps a des conséquences désastreuses pour Luc, qui se retrouve subitement sans emploi. Quant à Monique, elle perd l’essentiel de ses contrats et n’a plus qu’une poignée de clients. Avec la reprise des activités durant l’été, Luc peut heureusement recommencer à travailler, mais son employeur a dû réduire ses heures, ce qui entraîne une forte réduction du revenu familial. 

Incapable de régler leurs dépenses courantes tout en remboursant leurs dettes écrasantes, le couple doit se résoudre à prendre une décision radicale.

Une carte pour rembourser l’autre...

Avec six cartes de crédit, deux prêts personnels et des factures fiscales pour travail autonome en retard, le couple a accumulé 80 500 $ de dettes. À cela s’ajoutent leur hypothèque de 192 000 $ et deux prêts automobiles totalisant 33 000 $. 

En termes de rentrées d’argent nettes, ils peuvent compter sur 2600 $ du côté de Luc et 1500 $ du côté de Monique, soit 4100 $. Leurs dépenses mensuelles, incluant le paiement pour leurs véhicules, s’élèvent à 3650 $. Autant dire qu’ils n’ont pas la marge de manœuvre nécessaire pour rembourser leurs dettes, notamment les soldes de cartes de crédit sur lesquels courent des taux d’intérêt élevés de près de 20 %. 

Pour tenter d’éponger leur déficit budgé-taire, ils continuent à utiliser leurs cartes de crédit, se servant souvent de l’une pour effectuer le paiement minimum sur l’autre. 

« Quand ils sont venus me consulter, la situation du couple était intenable et ils avaient commencé à recevoir des appels d’agences de recouvrement », explique Sarah-Julie Fortin, conseillère principale en redressement financier chez Raymond Chabot.

Une proposition qui libère

La conseillère a d’abord vérifié s’il ne serait pas possible de payer leurs dettes en vendant leur propriété.

« Bien qu’il y ait une équité sur leur résidence, celle-ci est insuffisante pour tout rembourser. Ils auraient donc été obligés de continuer à assumer plusieurs gros paiements. De plus, le couple souhaitait conserver sa maison », indique Sarah-Julie Fortin, qui a donc exploré d’autres possibilités avec ses clients.

La faillite est l’une des solutions possibles, mais dans ce cas, pour pouvoir conserver leur propriété, ils auraient dû verser à leurs créanciers un montant équivalent à l’équité. Cette option a donc été écartée et le couple s’est plutôt tourné vers la proposition de consommateur. Grâce à celle-ci, ils pourront rembourser une fraction de leurs dettes, et ce, sans intérêt, sur une période maximale de cinq ans. 

« Ils effectueront des paiements mensuels de 600 $ pendant 60 mois, pour un total de 36 000 $ », détaille la conseillère. 

Ils devront se serrer un peu la ceinture et réduire certaines dépenses, mais ils pourront néanmoins conserver leur maison ainsi que leurs voitures dont ils ont besoin pour se rendre au travail. Du même coup, ils s’allègent d’une bonne partie de leurs dettes, y compris les impôts en retard. Ces derniers peuvent en effet être inclus sous certaines conditions dans une proposition de consommateur. Leur dossier de crédit sera toutefois entaché pendant toute la durée de la proposition (cote R-9, comme pour une faillite) et jusqu’à trois ans par la suite, lorsque leur cote de crédit passera alors à R-7.

LEUR SITUATION FINANCIÈRE 

Actifs

  • Véhicule de Monique, Honda Civic 2016 : valeur 14 000 $
  • Véhicule de Luc, Kia Forte 2017 : valeur 11 500 $
  • Résidence unifamiliale : valeur de 225 000 $

Dettes de consommation du couple

  • Six cartes de crédit totalisant 57 000 $ 
  • Deux prêts-autos totalisant 33 000 $
  • Deux prêts personnels totalisant 16 000 $
  • Hypothèque : 192 000 $
  • Dettes d’impôt pour travailleur autonome (année courante et arrérages) : 2500 $ au fédéral et 5000 $ au provincial

TOTAL DES DETTES DE CONSOMMATION : 305 500 $, dont 80 500 $ de dettes non garanties

Revenus nets mensuels 

  • Revenus de Monique : 1500 $
  • Revenus de Luc : 2600 $

TOTAL DES REVENUS : 4100 $

Dépenses mensuelles

  • 3650 $ (incluant hypothèque, taxes, téléphone, électricité, prêt-auto, assurances, épicerie, etc.)