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Un début très prometteur pour le Canadien

Nick Suzuki (14), qui a été rejoint par Shea Weber et Tyler Toffoli après avoir marqué, a quelque chose de spécial.
Photo AFP Nick Suzuki (14), qui a été rejoint par Shea Weber et Tyler Toffoli après avoir marqué, a quelque chose de spécial.

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Vous auriez préféré une victoire du Canadien. Bien oui, on aurait tous aimé ça. Mais force est d’admettre qu’on a eu droit à un spectacle divertissant, hier soir. La pandémie de COVID-19 était loin dans nos pensées.

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Cette soirée, on l’attendait depuis longtemps. Le hockey fait partie de nos mœurs. C’est quand quelque chose nous manque qu’on apprend à l’apprécier davantage.

Le Canadien aurait mérité un meilleur sort. 

Il a tout fait sauf gagner. Mais s’il continue de jouer comme il l’a fait face aux Leafs – et il n’y a aucune raison de penser que ce ne sera pas le cas –, le reste de l’hiver sera agréable.

Tout allait si bien

Le Tricolore avait les Leafs dans les câbles avec une priorité de 3 à 1 en deuxième période. C’est lui qui dictait le jeu. 

Les Leafs semblaient complètement dépassés jusqu’à ce que Nick Suzuki et Shea Weber écopent coup sur coup de pénalités mineures dans les dernières minutes de la deuxième période.

En marquant deux fois au cours de ces supériorités numériques, les Leafs ont repris vie. Le Canadien n’a pas abandonné et l’issue du match s’est jouée en prolongation.

Le nouveau premier trio

Mais on a vu plein de belles choses chez le Tricolore. Le trio formé de Jonathan Drouin, Nick Suzuki et Josh Anderson a été menaçant toute la soirée.

Sans vouloir offenser Tomas Tatar, Phillip Danault et Brendan Gallagher, le premier trio du Canadien c’est maintenant celui de Drouin, Suzuki et Anderson.

Drouin a trouvé en Suzuki le joueur de centre qui lui manquait depuis son arrivée à Montréal. 

Quand on regarde ce Suzuki, on se demande pourquoi les Golden Knights de Vegas l’ont laissé partir dans la transaction qui a envoyé Max Pacioretty dans la capitale du jeu. Il est un joueur étoile en devenir.

Je ne sais pas si je l’échangerais aux Blue Jackets de Columbus contre Pierre-Luc Dubois. Je serais bien embêté.

Dubois est, lui aussi, tout un joueur, mais Suzuki a vraiment quelque chose de spécial. Il a des yeux tout le tour de la tête. Il a un sens du jeu hors du commun. Il est efficace dans les trois zones.

Pour ceux qui se demandaient, par ailleurs, comment Josh Anderson se comporterait après avoir subi une opération à une épaule, ils ont eu leur réponse. Il a tout un tir et fonce au filet à la vitesse d’un train.

Romanov déjà dans le top 4

Et que dire d’Alexander Romanov?

Il a déjà fait sa place parmi les quatre premiers défenseurs du Canadien.

C’est vrai qu’il est drôlement allumé dans le feu de l’action. Il fait des jeux comme on n’en voit pas souvent de la part d’un défenseur de 21 ans.

Vous avez vu ses passes ?

Et comme Claude Julien me l’a raconté mardi, il n’hésite pas à tirer au filet lorsque l’occasion se présente. La rondelle ne reste pas longtemps sur son bâton.

L’espoir est revenu

Bon, je m’arrête ici avant que vous pensiez que je suis tombé sur la tête. Mais oui, il y a lieu d’être optimiste.

Pour la première fois depuis longtemps, le Canadien sème l’espoir. Cette équipe est le jour et la nuit avec les formations qui nous ont fait damner au cours des dernières années.

Elle est capable de marquer des buts de toutes les façons. L’attaque massive a fait mouche deux fois en trois supériorités numériques dans cette première rencontre.

J’ai déjà hâte au prochain match.

L’hiver s’annonce plus agréable. 

Ça prend de la chance  

Claude Julien amorce sa 18e saison à titre d’entraîneur en chef dans la Ligue nationale. Si c’est une belle réussite, l’homme n’en demeure pas moins très humble. Il n’est pas le genre à se péter les bretelles.

« Ce n’est pas facile de diriger dans cette ligue », commence-t-il par dire.

« Je me considère chanceux d’être encore en poste, car nous ne sommes pas nombreux dans la confrérie à connaître de longues carrières dans la ligue. »

C’est un signe qu’ils maîtrisent bien leur métier. Mais encore là, Julien apporte un bémol.

« Peu importe tes compétences, tu dois être chanceux quand même », renchérit-il.

« Ça aide quand tu as de bonnes équipes entre les mains. À cet égard, mes années à Boston m’ont vraiment aidé. On misait sur des formations compétitives. »

Moments marquants

En 2011, les Bruins ont remporté une première Coupe Stanley en 39 ans sous sa gouverne.

Au niveau junior, Julien a mené les Olympiques de Hull à la conquête de la Coupe Memorial, en 1997. Si ces deux championnats constituent les hauts faits d’armes de sa carrière, il a en mémoire d’autres moments qui lui sont chers.

« Trois ans après notre victoire à la Coupe Memorial, on s’était inclinés en sept matchs en finale de la Ligue de hockey junior majeur du Québec contre Rimouski, avec 17 recrues dans nos rangs.

« À mes débuts à Boston [saison 2007-2008], les Bruins avaient raté les séries la saison précédente. En première ronde, on affrontait le Canadien, qui était largement favori. On formait une équipe ordinaire, mais le Canadien avait eu besoin de sept matchs pour nous vaincre.

« La plupart des joueurs qu’on retrouvait au sein de notre équipe n’étaient plus là quand on a gagné la coupe trois ans plus tard. Ce sont des choses qui ne s’oublient pas. »

Huit ont soulevé la coupe

Si c’est difficile de diriger dans la LNH, imaginez ce que c’est de gagner. Ils sont seulement huit entraîneurs parmi les 31 actuels qui possèdent des bagues de la coupe Stanley.

Joel Quenneville en a mérité trois à lui seul avec les Blackhawks de Chicago et Mike Sullivan deux avec les Penguins de Pittsburgh, les autres étant John Tortorella (Tampa Bay), Peter Laviolette (Caroline), Barry Trotz (Washington), Craig Berube (Saint-Louis), Jon Cooper (Tampa Bay) et Julien.