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Couvre-feu: cessons de nous foutre des autres

GEN-HOPITAL-MAISONNEUVE-ROSEMONT
Photo d’archives

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«Quand ton nombril devient un cratère». C’est le docteur Mathieu Simon qui m’a sorti cette phrase-là, hier, à QUB radio, à propos des gens qui ne pensent qu’à eux et se foutent des autres. 

J’ai trouvé l’image parfaite. 

HOP HOP HOP

Quand le Dr Simon m’a dit ça, j’ai pensé à ce chroniqueur de La Presse qui s’est dit prêt à «entrer en dissidence», car il ne pouvait pas aller faire son jogging après 20 h. 

Vraiment?

C’est tout ce qui l’intéresse? Avoir le droit de courir après 20 h? 

Hop hop hop, je suis en train de battre mon record, allez, un peu de courage, hop hop hop, que c’est poétique de courir sous les flocons qui descendent lentement du ciel dans la lumière blanchâtre des lampadaires! 

Coudonc, il ne lit pas son propre journal, lui?

Hier, La Presse a publié un reportage saisissant sur ce qui se passe dans les unités de soins intensifs.

La fatigue physique et psychologique du personnel, le scandale des gens qui crèvent seuls, le système qui ne tient qu’à un fil.

Pour montrer à quel point la COVID engorge le système et draine des ressources, le docteur Simon a utilisé une image claire.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

«Un infarctus, c’est deux, trois jours aux soins intensifs. Si vous venez pour une pneumonie, c’est six jours. La COVID, c’est 14 jours.»

Vous en connaissez des gens qui restent 14 jours aux soins intensifs pour une grippe?

À MOITIÉ ENCEINTE

Vous me direz que cela n’a rien à voir avec le couvre-feu.

Qu’il n’existe aucun lien entre la personne qui occupe un lit aux soins intensifs pendant deux semaines et le bobo qui fait hop hop hop. 

Vous avez regardé par la fenêtre après 20 h? Il n’y a presque pas d’autos dans les rues.

Avant le couvre-feu, il y en avait plein.

Où allaient tous ces gens, selon vous, alors qu’il n’y avait nulle part où aller car tout était fermé?

Probablement les uns chez les autres. 

Voilà pourquoi le gouvernement a instauré un couvre-feu. 

Bien oui, tu peux faire ton jogging sans être dangereux. Pis l’autre peut rouler tout seul dans son char en écoutant de la musique. 

Pis l’autre peut faire son yoga au parc. Pis l’autre peut aller faire de la luge avec ses enfants. Pis l’autre...

Mais si on commence à prendre toutes les exceptions en compte, on n’en finira plus. 

Un couvre-feu, c’est comme une grossesse. Tu peux pas être enceinte à moitié.

Tu le fais ou tu ne le fais pas. 

«Oui, mais mon jogging à MOI? Ma soupape à MOI?»

Cours à 19 h, calvaire, et arrête de faire chier.

L’EFFET DOMINO 

C’est comme la chroniqueuse du Devoir qui s’est plainte du confinement car «97 % des gens qui sont morts de la COVID avaient une condition médicale préexistante».

Bien oui, TU es jeune. Bien oui, TU es en santé. Bien oui, si jamais TU l’attrapes, TU risques de ne même pas t’en rendre compte.

Mais TU la donneras peut-être à un autre, qui LUI se retrouvera aux soins intensifs, engorgera le système et fera en sorte qu’une personne gravement malade ne pourra pas se faire opérer.

Est-ce si dur à comprendre?