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La leçon américaine

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Bon an, mal an, parce qu’ils ne se retrouvent ni dans le discours ni dans l’action politique traditionnelle et qu’ils ne se sentent pas écoutés, des légions de femmes et d’hommes viennent agrandir le bassin des désillusionnés et des orphelins de la politique.

Ce sont notamment des sacrifiés des délocalisations industrielles. Des souffre-douleur de crises et de récessions économiques. Des laissés-pour-compte de décennies de « dérives néo-libérales ».

Par ailleurs, qu’il s’agisse notamment d’enjeux relatifs à l’emploi, à l’immigration ou au décalage démographique et culturel, ils ont le sentiment que leurs voix ne comptent pas et qu’ils n’ont aucune prise sur les décisions politiques qui impactent leurs destins.

Certains exégètes les appellent « le peuple »

On a longtemps ignoré les enjeux qui assaillent leurs esprits.

Ils ont des sensibilités qui couvrent le spectre des extrêmes de l’échiquier politique. De l’extrême gauche, à l’extrême droite.

Face à la complexité du monde et des enjeux, ils adoptent des postures simplistes. Ils sont souvent rivés sur des perspectives parallèles au réel.

Leurs intérêts ne sont pas toujours compatibles. Mais ils se fédèrent volontiers contre des ennemis communs : les élites politiques, économiques et médiatiques. Elles seraient la source principale de leurs « malheurs ».

Ils ont fini par trouver leur porte-étendard... Donald Trump.

Dans son discours d’investiture, le 20 janvier 2017, il accusa des élus d’avoir accaparé le pouvoir et de s’être enrichis au détriment du « peuple ». De l’avoir littéralement abandonné.

Le « révélateur »

Le 20 janvier 2017 était pour lui le jour où le peuple dirigerait à nouveau la nation. Le jour où le monde allait écouter les hommes et les femmes oubliés de son pays qu’on n’entendait plus. Il devint alors « le soupir de la créature opprimée » à travers les médias sociaux. Il se fit entendre... Pas toujours dans la décence et la vérité, cependant.

Et que dire des Fox News et autres Rush Limbaugh ? Que dire du soutien opportuniste et électoraliste de la vaste majorité des élus républicains ?

Pendant quatre ans, la plus grande démocratie du monde qui se trouve être notre grand Voisin du Sud a été un « laboratoire » magistral.

Nous avons pris la réelle mesure des dangers du populisme exacerbé en démocratie. Nous avons pris acte des risques auxquels nous nous exposons quand nous foulons aux pieds la démocratie.

Alors, je me permettrais un conseil à nos partis et mouvements politiques traditionnels : par respect pour notre démocratie et notre mieux-être collectif, il est impératif de toujours anticiper et écouter la détresse du monde, d’y faire face et d’y répondre adéquatement et promptement. Ne rien balayer sous le tapis.

À défaut, nous ne ferons que déposer des crises sur les épaules des prochaines générations. Un leader plus réconcilié avec son ego, plus subtil, plus inspirant et discret pourrait surgir un matin soudain et aller au-delà de la ligne rouge que Donald Trump vient de traverser.