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Une campagne full problématique

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Cette semaine, la campagne de sensibilisation #FullCélèbre, financée par les gouvernements canadien et québécois et qui vise à mettre en lumière les dangers des sextos, a été fortement critiquée sur le web.

Dans cette publicité, on nous montre une jeune fille avec un sac en papier sur la tête, sur lequel est écrit en majuscule « SEXTO ». On nous explique que la protagoniste est devenue #FullCélèbre parce que ses sextos ont été revendus et sont désormais disponibles dans 25 pays sur des sites de pornographie juvénile.

Pour atteindre sa cible, la campagne aurait dû dire : « Tu as partagé des sextos privés qui t’ont été envoyés ? Tu as participé à la pédocriminalité ».

La cyberexploitation et les cyberagressions sexuelles sont de vrais fléaux. Cependant, ce n’est pas aux victimes d’enrayer ces crimes ni d’avoir honte.

En finir avec le blâme aux victimes

Cette campagne de sensibilisation, qui se permet de mettre un sac en papier sur la tête de cette jeune fille, humilie les victimes.

Il est déplorable que le comité responsable de la campagne n’ait pas vu en quoi elle est problématique avant sa diffusion. La publicité devrait être retirée.

Vous vous dites peut-être que la jeune fille n’aurait pas dû envoyer ce genre de message ou qu’elle aurait dû connaître les impacts d’un tel comportement.

Mais cela s’apparente à dire : « C’est de sa faute si elle a subi un viol. Elle aurait dû connaître les impacts de porter une jupe courte et elle aurait dû éviter de se promener dans la rue tard le soir ».

Blâmer les victimes, c’est participer à la culture du viol.

Il faut arrêter de leur demander de surveiller leurs moindres faits et gestes.

Ce sont les cyberprédateurs qui diffusent des photos et des messages illégalement qu’il faut éduquer et punir. Ce sont eux qui devraient vivre avec cette culpabilité ressentie depuis trop longtemps par les victimes.