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La crise au MTQ sème l’inquiétude chez les partis d'opposition

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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Le départ de plusieurs enquêteurs et le climat toxique au ministère des Transports font craindre aux partis d’opposition à Québec le retour en force de la collusion et de la corruption dans l’octroi de contrats.

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Notre Bureau d’enquête révélait hier qu’en août 2018, on dénombrait cinq enquêteurs au ministère des Transports du Québec (MTQ), mais que, depuis l’an dernier, il en reste un seul actif. Des cadres ont également quitté le navire.

  • Écoutez l'entrevue du témoin de la commission Charbonneau Lino Zampito avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Des plaintes de harcèlement ont aussi été soumises à la Commission de la fonction publique en raison d’un climat toxique. 

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, réclame une commission parlementaire afin de faire la lumière sur ces révélations. «La CAQ a contribué à la détérioration des mécanismes anticorruption».  

Québec Solidaire estime que le gouvernement doit poser des gestes forts pour renforcer le département d’enquêtes et assainir le climat de travail. «La CAQ est en train de perpétuer la culture de corruption et de collusion qui a fait la réputation des années libérales», a affirmé la députée Ruba Ghazal.

Le libéral Gaétan Barrette croit aussi que le ministre doit mettre en œuvre des dispositifs afin de mettre un terme à l’ambiance toxique qui sévit au MTQ. 

«Pas à l’abri de malversations»

Le ministre François Bonnardel a tenté de se faire rassurant en entrevue à LCN. Il a minimisé l’impact de dissolution du département des enquêtes.

«Il y a 19 personnes dédiées aux enquêtes, aux audits. Donc 13 aux audits, six aux enquêtes [...] l'Autorité des marchés publics (AMP) est aussi là pour 3 ans, et elle doit nous déposer un rapport », a décrit le ministre. « On n'est pas à l'abri de malversations, mais nos équipes font leur travail.» 

Or, sur les six postes dédiés aux enquêteurs, quatre sont vacants et un est en processus de dotation depuis plus d’un an, comme le rapportait notre Bureau d’enquête.

Pour le syndicat de la fonction publique, cette situation accentue aussi les risques de corruption au sein du MTQ. 

«La surveillance des chantiers est majoritairement effectuée par des firmes externes. Tous ces facteurs favorisent la collusion et corruption», a affirmé Christian Daigle, président général du SFPQ.

Et pour l’Ordre des ingénieurs du Québec, cela s’ajoute aux lacunes affectant la dotation de personnel au MTQ, qui ont été documentées par la Vérificatrice générale du Québec. «La situation est d’autant préoccupante qu’une cinquantaine de projets du MTQ pourront bénéficier des mesures d’accélération», a dit la présidente, Kathy Baig.