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COVID-19: les gens «de gauche» plus à risque de développer de l’anxiété

Sad woman looking out of the window
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Les individus ayant des opinions politiques de gauche sont plus à risque de développer de l’anxiété et de la détresse en lien avec la pandémie.

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C’est aussi le cas des jeunes de moins de 40 ans, des parents d'enfants mineurs ou encore de ceux ayant de mauvaises relations avec leur famille, révèle une étude menée par Samuel Veissière, professeur au département de psychiatrie de l’Université McGill.

Ce dernier a présenté les résultats de ses recherches, publiés récemment dans le British Medical Journal, devant des élus québécois, mardi, dans le cadre de la première journée des consultations concernant les effets de la pandémie sur la santé mentale.

Qualifiant de «controversée» sa découverte au sujet des personnes ayant des opinions plus à gauche, le chercheur a soulevé l’hypothèse que ce phénomène s’explique par les sources d’informations consultées par les individus en fonction de leurs allégeances politiques.

«Il ne s’agit pas ici de faire de la politique, simplement de souligner que, malheureusement, la compréhension de la crise a été très fortement politisée suivant les médias que les gens consomment et que cela engendre de l’anxiété», a-t-il précisé.

La surconsommation de nouvelles au sujet du virus ou de la politique mettrait aussi les individus à risque de développer de l’anxiété ou de la détresse, selon les recherches de M. Veissière.

Les personnes présentant déjà des facteurs de risque avant la crise restent les plus susceptibles de développer de nouveaux troubles de santé mentale en lien avec la situation actuelle.

Les femmes plus touchées

Par ailleurs, les femmes souffrent plus de détresse en raison du télétravail forcé par la pandémie, a soutenu le professeur au département de management de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval Jean-Pierre Brun lors de sa présentation.

«Il y a vraiment une question de genre qu’il faut prendre en considération, a-t-il affirmé. Ce qu’on voit à l’heure actuelle, c’est que la flexibilité exigée par le télétravail et la pandémie est essentiellement absorbée par les femmes.»

Dans le contexte actuel, ces dernières sont plus souvent appelées à s’occuper des devoirs à la maison et à trouver des activités de loisirs avec les enfants, notamment.

«Dans nos études qu’on a faites [...], on voit que chez les femmes, le taux de détresse est plus important et ce n’est pas parce qu’elles sont plus faibles, mais c’est plutôt associé à leurs conditions socioéconomiques et sociales, beaucoup plus», a expliqué Jean-Pierre Brun.

Le volet de la santé mentale et du télétravail était le premier abordé lors de cette consultation non partisane menée sur deux jours par des parlementaires de l’Assemblée nationale en vue de l’élaboration du prochain plan d’action interministériel en santé mentale (PAISM).