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Pour Biden: le terrorisme intérieur une priorité

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Il est hautement improbable qu’on assiste aujourd’hui à une répétition des troubles de la semaine dernière à Washington. La ville est en état de siège. Des insurgés potentiels vont y penser deux fois avant de s’engager dans des hostilités contre les 25 000 membres de la Garde nationale qui sont autorisés à utiliser la force meurtrière et les milliers de policiers fédéraux et municipaux qui les assistent.

Mais des actes de violence individuels ou de petits groupes sont à craindre tant dans la capitale que dans de nombreux États. Compte tenu de l’état mental de certains trumpistes fanatiques, de telles initiatives suicidaires ne sont pas à exclure. Des « loups solitaires » sont difficiles à détecter. La cause aurait ainsi ses martyrs.  

Craignant aussi des « attaques d’initiés », le FBI a vérifié la « fiabilité sécuritaire » des soldats déployés autour du Capitole. Résultat : douze d’entre eux ont été relevés de leurs fonctions parce qu’on a estimé qu’ils pourraient constituer une menace pour le président et son entourage.

Les terroristes d’extrême droite s’organisent

Une des priorités de la nouvelle administration démocrate sera la lutte contre le terrorisme intérieur. La droite radicale s’organise en mouvement armé clandestin. Son objectif : renverser le gouvernement des États-Unis pour en faire une dictature suprémaciste blanche WASP (White Anglo-Saxon Protestant) dirigée par Trump.

Le succès de la sédition dépendra largement de la rapidité et la fermeté avec lesquelles les services de police fédéraux et étatiques réussiront à arrêter ses dirigeants et à neutraliser les cellules terroristes qui sont en train de se constituer à partir des milices armées actives dans plus de 40 États.

On compte dans leurs rangs d’ex-militaires qui ont été engagés dans des opérations antiguérilla partout dans le monde, de l’Amérique du Sud à l’Asie centrale, en passant par l’Afrique et le Moyen-Orient : ils sont versés dans les tactiques de la guerre asymétrique.

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Frédéric Lemieux, criminologue et directeur du programme de maîtrise sur le renseignement à l'Université de Georgetown, sur QUB radio: 

Des millions d’Américains appuient l’insurrection

Dans les États républicains, les combattants trumpistes pourront compter sur l’appui de la population. Une majorité des 74 millions d’Américains qui ont voté pour Trump l’appuient toujours, même après les événements du 6 janvier. Les insurgés seront aussi assurés de la sympathie de membres des forces de l’ordre. Plusieurs ont participé à l’invasion du Capitole.

La décision d’enlever à Trump ses mégaphones des médias sociaux à perpétuité a déstabilisé la sédition, ses partisans ne recevant plus de mots d’ordre et de consignes de leur chef.

Trump va-t-il couper tout contact avec les insurgés ? Il ne fait aucun doute que, dès son départ de la Maison-Blanche, il sera l’objet de surveillance par les organes de sécurité fédéraux pour s’assurer qu’il ne participe pas à l’insurrection.

La violence armée qui se prépare aux États-Unis est plus dangereuse que celle de l’État islamique. Oussama ben Laden n’avait pas l’appui de membres du Congrès et la sympathie de dizaines de millions d’Américains répartis sur l’ensemble du territoire. Pour la première fois depuis 1860, les États-Unis font face à une menace provenant d’ennemis de l’intérieur.


À la suite des présidentielles, les États-Unis sont plus divisés que jamais alors que Trump refuse sa défaite avec l’appui d’une majorité d’élus et d’électeurs républicains. Normand Lester explique, dans son nouveau livre Stupides et dangereux. Les États-Unis à l’ère de Trump, comment le pays en est arrivé là.