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Biden a des atomes crochus avec le Canada

Biden a des atomes crochus avec le Canada
Photo AFP

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OTTAWA | Dire que la relation entre Ottawa et Washington sera meilleure sous la présidence de Joe Biden est un euphémisme. 

Les canaux de communications sont déjà bien ouverts entre les deux administrations. Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont des liens personnels avec le Canada.  

Mais surtout, les deux gouvernements ont des atomes crochus d’un point de vue idéologique sur les questions raciales, de justice sociale et environnementales, pour ne nommer que celles-là. 

« On dirait que “America is back” », m’a lancé, émue, une employée libérale en regardant l’inauguration du nouveau président. 

Je ne sais pas si l’Amérique, qui a les genoux ensanglantés et un œil au beurre noir, est réellement de retour. Mais on peut espérer un monde plus apaisé avec le départ de Trump.

Dignité et unité

Dans son discours empreint de dignité, le président Biden s’est surtout adressé à ses concitoyens, autour du thème de l’unité.  

Il a réservé un court passage bien senti à l’intention de ceux qui regardaient à l’extérieur des frontières.  

« Nous allons réparer nos alliances », a-t-il déclaré. Cela a été noté ici comme ailleurs, et c’est de la musique à leurs oreilles. 

Avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, notre relation avec les États-Unis reprendra en normalité, mais demeurera compliquée.  

La décision au jour un de son assermentation de barrer la route au pipeline Keystone XL en témoigne. Une décision, en quelque sorte, « prévisible ».

Un mot qu’on n’avait pas utilisé depuis quatre ans pour décrire la relation canado-américaine, ou quelconque dossier s’y rattachant.

Protectionniste  

Cela étant dit, Ottawa s’inquiète des aspirations protectionnistes du clan Biden.

Ce dernier a promis d’investir des centaines de milliards pour favoriser l’achat de biens et de services locaux, aux dépens de leurs concurrents étrangers. 

En contrepartie, on peut espérer que les ambitions environnementales de la nouvelle administration américaine profiteront à nos exportateurs de technologies vertes.  

Dans tous les cas, on peut espérer que ces discussions, aussi musclées peuvent-elles être entre voisins, se feront d’adultes à adultes.