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Joe Biden au pouvoir: la filière énergétique n’y voit que du bon

Joe Biden au pouvoir: la filière énergétique n’y voit que du bon
AFP

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Les entreprises du secteur de l’énergie propre cachaient mal, hier, leur satisfaction de voir le gouvernement démocrate de Joe Biden reprendre les clefs de la Maison-Blanche.

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«C’est franchement avec un grand soulagement que j’ai regardé la cérémonie d’intronisation, nous a confié hier le président d’Innergex, Michel Letellier. Même à la télévision, c’était un événement assez poignant à regarder.»

Ouvertement préoccupé par les changements climatiques, le nouveau président s’est donné des objectifs ambitieux en matière de transition énergétique. Ceux-ci sont nécessairement porteurs de grands espoirs pour les productrices d’énergie propre comme Innergex, Boralex et même Hydro-Québec. 

Il en va de même de dizaines de sous-traitants ou équipementiers, comme Marmen à Trois-Rivières, ou LM Wind Power à Gaspé, spécialisés dans la fabrication de pièces ou composants destinés au développement de l’éolien, du solaire ou de l’hydraulique.

Aux États-Unis, les questions énergétiques sont généralement de compétence des États. Les avancées des dernières années en la matière y sont donc surtout le résultat d’initiatives d’États progressifs, comme la Californie et New York.

N’empêche, le fait que les orientations de l’administration centrale s’harmonisent aujourd’hui avec celles de ces États risque de favoriser le développement de projets dans lesquels sont déjà engagées plusieurs entreprises d’ici.

Des occasions de croissance

Le président d’Innergex, déjà présente aux États-Unis avec 13 projets achevés pour une puissance installée de 1169 (en plus de 6 autres projets en développement), estime que ce changement de gouvernement et la reprise de contrôle démocrate au Sénat risquent de permettre le maintien de programmes publics d’encouragement à l’adoption de l’énergie éolienne et solaire aux États-Unis.

L’entreprise compte déjà une quarantaine d’employés dans ce pays, avec des bureaux à San Diego et Boston. Sa présence pourrait croître rapidement, à mesure que les revenus en provenance de ce pays iront en augmentant.

En 2019, les États-Unis représentaient 12% de ses revenus (698 M$), comparativement à 14% en France et 3% au Chili. Vu l’étendue du territoire américain, M. Letellier estime que cette proportion pourrait atteindre «30% à 40%» dans les prochaines années.

La locomotive Cuomo

Même enthousiasme de la part de Boralex, un autre producteur privé d’énergie propre présent au Québec. L’ex-filiale énergétique de Cascades (Cascades Énergie) dispose maintenant d’une capacité de puissance installée – au Canada, en France et aux États-Unis – de 2067 mégawatts (MW).

Profitant de l’impulsion d’Andrew Cuomo, gouverneur de l’État de New York, Boralex a réussi à accroître sa présence aux États-Unis ces dernières années. Le déploiement d’une équipe sur place a déjà permis à la québécoise de remporter un projet de quatre parcs solaires, d’une puissance de 180 MW.

Au troisième trimestre de 2020, 4% de sa puissance était basée aux États-Unis, contre 49% en France et 47% au Canada. Lorsque sa prise de participation – annoncée en novembre – dans sept autres parcs solaires sera terminée, sa puissance installée aux États-Unis comptera pour 8% de son portefeuille mondial (2364 MW).

«Le marché américain offre beaucoup de potentiel pour le développement de projets, souligne la porte-parole de Boralex, Isabelle Fontaine. En un an, à la clôture de l'acquisition de participations dans sept parcs solaires, la proportion de notre puissance installée dans ce pays aura doublé. Nous entendons bien continuer de nous y faire une place.»

AddÉnergie compte en profiter

Pour AddÉnergie, qui a notamment décroché des contrats pour livrer des bornes de recharge à New York et à Los Angeles, le plan économique de Joe Biden, qui comporte plusieurs volets sur l’électrification des transports, devrait aussi entraîner des occasions d’affaires. Et il n’est «pas question», pour la direction, «de rester sur les lignes de côté». 

«Je ne cacherai pas mon enthousiasme. L’électrification des transports est une tendance lourde. Avec M. Biden au pouvoir, on s’attend à ce que ce soit un gros catalyseur. Dans sa plateforme électorale, il reconnaît l’urgence d’agir par rapport aux changements climatiques», a mentionné Louis Tremblay, président et chef de la direction. 

Par ailleurs, si le protectionnisme américain prend de l’ampleur en raison du changement d’administration, AddÉnergie n’écarte pas la possibilité de s’installer physiquement chez nos voisins du Sud. «Est-ce qu’on va avoir une présence physique au sud de la frontière? C’est très possible», a répondu le grand patron, souhaitant aussi continuer de faire grandir son entreprise au Québec.

Avec Jean-Michel Genois Gagnon