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Un oiseau du Sud se perd dans le Nord

Le vautour a atterri dans un village très loin de son habitat naturel

Urubu noir
Capture écran YouTube

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Un urubu noir provenant du sud de l’Amérique a élu domicile dans le village attikamek d’Obedjiwan au beau milieu de la forêt boréale, un phénomène «rarissime», selon les experts.  

«C’est très surprenant qu’il soit arrivé dans ce village isolé. Il a quand même traversé des centaines de kilomètres de forêt boréale, ce qui n’est pas du tout un environnement propice pour cette espèce. [...] C’est probablement un oiseau qui a un problème d’orientation», fait valoir le biologiste Jean-Sébastien Guénette.

Ornithologue aguerri, le directeur général du regroupement QuébecOiseaux n’a jamais aperçu un urubu noir au Québec. «Tous les observateurs ont leur bête noire, lance M. Guénette, et moi, c’est celle-là.»

«C’est un oiseau en expansion, on en voit un peu plus au Québec, mais ça demeure extrêmement rare», dit-il. 

Urubu noir
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Au cœur de la forêt

L’urubu noir a été observé pour la première fois le 31 décembre 2020, installé sur la poubelle de Rosaire Chachai, un membre de la communauté attikamek d’Opitciwan, en Haute-Mauricie.

Cet oiseau charognard, dont l’habitat naturel s’étend du sud des États-Unis à la majeure partie de l’Amérique du Sud, se nourrit principalement de carcasses d’animaux morts ou de ce qu’il trouve dans les dépotoirs.

«La COVID en entrée au village à la mi-décembre. Les éboueurs ne sont pas passés depuis un moment à cause du virus. Les déchets s’accumulent sur les balcons. Peut-être que la petite odeur de poubelles, il trouve ça bien intéressant», suggère Chantal Abran, enseignante à l’école Niska d’Obedjiwan.

Pour essayer de sauver la bête baptisée Grogu, elle et M. Chachai lui ont donné de la viande et des conserves de nourriture pour chien au poulet. 

«La plupart de ceux qu’on a vus au Québec étaient près de fermes où ils se nourrissaient de carcasses d’animaux laissées dans les champs», ajoute l’expert.  

Urubu noir
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Hiver

L’an dernier, un premier urubu noir a su traverser l’hiver québécois. Il avait atterri au dépotoir de Mont-Laurier, «des conditions optimales pour un hivernage réussi», précise le biologiste.

«Habituellement, ils survivent quelques jours, quelques semaines», explique M. Guénette.