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Ça va aller mal avant d’aller mieux...

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Capture d'écran TVA Nouvelles François Legault et son gouvernement anticipent des mois difficiles avant une véritable embellie.

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Malgré la baisse des nouveaux cas de COVID, une grande inquiétude est palpable dans les officines du gouvernement Legault. L’apparition de variants et la livraison de vaccins au compte-gouttes font craindre des mois de février et mars très difficiles.

Vacciner le plus vite possible et diminuer les hospitalisations liées au virus sont les obsessions de l’équipe caquiste, bien consciente de la lassitude qui gagne même les plus résilients des Québécois.

Les sources de stress sont multiples pour le gouvernement, qui, déjà, a évoqué un prolongement du couvre-feu au-delà du 8 février. On craint que des voyageurs importent les nouvelles souches plus contagieuses.

Le fait que le Canada sera devancé par bien des pays, dont nos voisins du sud, pour la vaccination, laisse entrevoir aussi une grande frustration. 

Joe Biden a annoncé qu’il veut vacciner 100 millions d’Américains dans ses 100 premiers jours, soit près du tiers de sa population. Pendant ce temps, à la fin mars, le Canada aura immunisé seulement huit pour cent de ses habitants.

C’est une mauvaise nouvelle pour la relance économique chez nous : l’effet sur le moral des Québécois pourrait être désastreux si nous devons maintenir les coûteuses restrictions pendant que les Américains déconfinent et reprennent leurs activités.

D’autant plus que le confinement est moins dur à faire avaler en janvier et en février que lorsque les beaux jours du printemps reviendront nous séduire.

« Quand il va commencer à faire beau et qu’on n’aura pas vacciné le monde, c’est pas vrai qu’on va réussir à garder le couvercle sur la marmite », admet une source gouvernementale. 

C’est pourquoi l’équipe de François Legault cherchera un équilibre entre un « nombre de cas pouvant être toléré avec les hospitalisations » et la capacité de soigner « les autres Québécois qui ont d’autres conditions médicales et qui sont plus à risque », pendant le long processus de vaccination.

Priorité cégep

La priorité du déconfinement, énoncée récemment par le premier ministre, est de permettre aux cégépiens d’assister occasionnellement à des cours en « présentiel ». Dans certains cas, ils sont limités aux cours en ligne depuis près d’un an.

Pour ceux dont la fin du secondaire a été bousillée au printemps et qui n’ont pas encore pu mettre les pieds au cégep, on imagine le calvaire. Cet aspect, et la reprise graduelle du sport chez les jeunes, sont en tête de liste dans l’esprit de François Legault, loin devant, nous assure-t-on.

« Il est conscient qu’il y a des gens qui souffrent dans les commerces, qu’il y a les effets économiques, mais ce qui le préoccupe avant tout, c’est la santé mentale, le développement et l’apprentissage des jeunes », explique notre source, pas convaincue toutefois que ce sera possible le 8 février.

Malgré ce qu’avait dit M. Legault, les universités, elles, sont considérées comme des sites trop à risque de potentielles éclosions pour envisager un retour des étudiants sur place.

Pas d’horizon pour les restaurants

À plus court terme, on concède que la reprise de certaines pratiques sportives en groupe pourrait être autorisée à nouveau à l’extérieur, « pour essayer de redonner de l’espoir ».

Pour les restaurants, salles d’entraînement, cinémas et autres salles de spectacles, on ne perçoit aucun horizon possible de réouverture.

Dans les régions où les cas de COVID ont diminué de façon plus prononcée, particulièrement dans l’est, on tape du pied.

Mais le gouvernement ne veut surtout pas créer d’attentes, surtout que le retour à l’école dans les dernières semaines, au secondaire surtout, entraînera de nouveaux cas de COVID.

Outre l’opération vaccination, les efforts seront consacrés à la relance de l’économie en temps opportun.

Québec n’exclut pas d’injecter de nouvelles sommes pour aider les entreprises les plus durement touchées lorsqu’elles pourront rouvrir, notamment dans le secteur de l’hébergement et de la restauration.

Bref, ça va bien aller, peut-être, mais pas tout de suite. 

Repousser la rentrée parlementaire ? 

La reprise des travaux parlementaires, prévue pour le 2 février pourrait être repoussée d’une semaine ou deux afin de respecter l’ordre de télétravail qui va de pair avec le couvre-feu imposé au moins jusqu’au 8 février, mais peut-être au-delà.

Pour l’équipe gouvernementale, ce serait là le scénario idéal, plutôt que de consacrer des efforts à instaurer des périodes de questions virtuelles dès la date prévue de retour en chambre.

Des discussions auront lieu avec les partis d’opposition cette semaine. 

La langue, oui, mais... 

Le dépôt du projet de loi modifiant la loi 101 dont le ministre Simon Jolin-Barrette a été incapable de se retenir de faire la promotion depuis des mois est toujours prévu quelque part dans la prochaine session. 

Mais le gouvernement s’adaptera à la situation de l’épidémie. « On ne veut pas être déconnecté de ce qui se passe et perdre le focus. La langue, c’est super important, mais la préoccupation des citoyens, c’est le contrôle hospitalier de la pandémie et la reprise de l’Économie », nous dit-on.