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Il ne manquera que vous

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Photo d'archives, USA TODAY Sports Le Canadien gagne même si Carey Price ne connaît pas un début de saison à tout casser.

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Même avec un dernier match à disputer, le voyage du Canadien est déjà un succès. Dommage que vous serez dans l’impossibilité d’accueillir vos favoris à leur rentrée au Centre Bell, jeudi soir prochain. C’est la seule note discordante à ce début de saison de la nouvelle mouture du Tricolore.

Les amateurs attendaient cette équipe depuis longtemps. 

Très longtemps. 

Trop longtemps.

La meilleure équipe depuis 1993

Serge Savard déclare sur toutes les tribunes qu’il s’agit de la meilleure formation du Canadien depuis celle qui a remporté la plus récente coupe Stanley de l’organisation sous sa direction, en 1993.

Je sens le besoin de préciser pour ceux qui sauteraient aux conclusions que l’ancien directeur général ne prédit pas que la coupe va revenir à Montréal en juillet prochain.

Comme plusieurs d’entre vous prennent la peine de me le rappeler dans vos messages, c’est vrai que la saison ne fait que commencer et qu’on ne sait pas de quoi les lendemains seront faits. Des blessures pourraient tout foutre en l’air.

N’empêche.

Je me répète, mais la différence avec ce qu’on a vu au cours des dernières années est notable et remarquable. On parle d’une équipe différente, d’une équipe transformée.

L’intérêt est revenu

Vous êtes nombreux aussi à me dire que vous vous êtes réconciliés avec le Canadien. Ça va avec la relation que le public québécois entretient avec son équipe de hockey.

On l’adore quand elle gagne et on la déteste quand elle perd. Et, au cours des cinq dernières années, on l’a haïe à mourir !

L’intérêt pour le CH diminuait à vue d’œil. Le Centre Bell ne faisait plus salle comble depuis deux ou trois ans. Les cotes d’écoute n’étaient pas fabuleuses.

Moi-même, j’avais la gâchette rapide sur la zappette. Quand le Canadien tournait en rond, j’allais voir sur les autres chaînes. Mes samedis soirs n’étaient plus réservés au hockey.

Séraphin peut attendre

Lundi dernier toutefois, j’ai préféré regarder le Canadien à Edmonton aux Pays d’en haut, une série que j’aime bien. Je me suis rattrapé mercredi soir, juste avant le premier des trois matchs de la bande à Claude Julien à Vancouver.

Ce soir, je regarderai le match.

Non, le Canadien n’est pas parfait, il n’est pas l’égal du Lightning de Tampa Bay. Mais il donne enfin un spectacle divertissant. 

Carey Price ne connaît pas un début de saison à tout casser, mais son équipe gagne quand même.

C’est tout un changement !

La suite s’annonce aussi fertile en rebondissements qu’une bonne télésérie. S’il y a un lien à faire entre cette équipe et celle de 1993, c’est sa capacité de marquer des buts.

Cette année-là, Serge Savard était allé chercher Vincent Damphousse et Brian Bellows avant la saison. Le Canadien avait inscrit 59 buts de plus que la saison précédente, mais il en avait aussi accordé 73 de plus.

Patrick Roy s’était raplombé dans les séries.

Deux poussées inattendues

Depuis, le Canadien n’est pas allé plus loin qu’en finale d’association. La première fois, en 2010, grâce aux prouesses de Jaroslav Halak, et la deuxième fois, en 2014, jusqu’à ce que Carey Price soit mis hors de combat par Chris Kreider.

Mais, dans les deux cas, le Tricolore était allé à la guerre avec des tire-pois. L’équipe avait toutes les misères au monde à marquer des buts et elle se faisait tabasser.

C’est fini, tout ça.

C’est le Canadien qui en impose. Il lui reste à maîtriser ses ardeurs en matière de jeu physique. Certains joueurs doivent trouver la juste ligne entre la robustesse et la rudesse.

Mais ce n’est sûrement pas ce qui va m’empêcher de regarder les matchs. 

Trop grand, Armia... 

Donc, si on comprend bien, Tyler Myers aurait été suspendu si Joel Armia avait été moins grand. Le joueur du Canadien aurait alors encaissé le coup d’épaule du défenseur des Canucks en pleine face et il y aurait eu suspension. Précisons que Myers mesure 6 pieds 8 pouces, comparativement à 6 pieds. 

3 pouces pour Armia.

C’est vrai que Myers a frappé Armia à la hauteur de la poitrine, mais ce dernier a pris aussi un coup sur le menton. Armia s’est effondré comme un boxeur mis hors de combat par un uppercut.

Les arbitres ont appliqué le règlement en imposant une pénalité de match à Myers. On pouvait donc penser qu’une suspension s’ensuivrait, mais le comité de sécurité de la Ligue nationale a jugé qu’il n’y avait pas eu coup à la tête.

Mais les intentions de Myers étaient claires. Armia était dans une position vulnérable. Myers savait qu’il pouvait l’assommer, et c’est ce qui est arrivé.

Il aurait fallu qu’Armia mesure trois ou quatre pouces de moins pour être atteint en plein dans le kisser.

Trop petit, McAmmond

Ça me rappelle un incident survenu pendant la finale de la Coupe Stanley de 2007, qui opposait les Sénateurs d’Ottawa aux Ducks d’Anaheim.

Le robuste Chris Pronger, un récidiviste notoire en matière de coups salauds qui faisait 6 pieds 6 pouces, avait asséné un coup de coude au visage de Dean McAmmond, qui mesurait 5 pieds 11 pouces.

Le directeur général des Ducks, qui était alors Brian Burke, avait plaidé la cause de son défenseur en disant que McAmmond arrivait à la hauteur du bras de Pronger.

On s’était bien bidonnés dans la salle de presse en entendant l’explication de Burke, un bonhomme que j’ai appris à connaître et que j’aime bien pour ses opinions tranchées.

Pronger avait été suspendu pour le match suivant, mais ça n’avait pas empêché les Ducks de triompher et de prendre les devants 3 à 1 dans la série. Les Ducks avaient remporté la coupe deux jours plus tard devant leurs partisans.